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Le Nebraska approuve le projet d'oléoduc Keystone XL... mais sur un tracé différent

Le vote a été serré.

20/11/2017 10:59 EST | Actualisé 20/11/2017 14:03 EST
Getty Images/iStockphoto

La régie des services publics du Nebraska a approuvé lundi le passage dans son État de l'oléoduc Keystone XL, de la société TransCanada, par l'entremise d'un vote de trois voix contre deux, mais sur un tracé différent de celui privilégié par l'entreprise.

Les commissaires ont respecté la préférence de TransCanada pour la portion du tracé dans le nord de l'État, mais l'ont ensuite fait bifurquer vers l'est pour l'aligner davantage sur le pipeline existant de la société au Nebraska.

Dans leur décision écrite, les commissaires ont estimé qu'il était dans l'intérêt du public de placer la nouvelle canalisation plus près de celle déjà en place. Cela permettra notamment de maximiser les ressources de surveillance et d'amoindrir l'impact sur certaines espèces menacées, ont-ils fait valoir.

Le tracé accepté par la régie n'est plus long que de huit kilomètres à celui privilégié par TransCanada, ont poursuivi les commissaires, et l'entreprise leur avait indiqué qu'il s'agissait tout de même d'une option viable.

Malgré tout, les opposants au projet ont estimé que l'approbation d'un tracé alternatif pourrait remettre en cause l'avenir du projet controversé, évalué à 10 milliards $.

"La décision d'aujourd'hui ne garantit pas que ce pipeline sera construit un jour", a déclaré dans un communiqué un membre du groupe écologiste Greenpeace, Mike Hudema.

"Le Nebraska a choisi de ne pas donner à TransCanada son tracé privilégié pour traverser l'État, alors l'entreprise compte un obstacle de plus qui menace son pipeline."

L'approbation de la régie est une courte victoire pour Keystone XL, qui, une fois achevé, devrait permettre de transporter environ 830 000 barils de pétrole brut par jour depuis Hardisty, en Alberta, jusqu'à Steele City, au Nebraska.

La commissaire Crystal Rhoades a expliqué avoir voté contre le projet pour plusieurs raisons, incluant le fait que TransCanada n'avait pas démontré qu'elle ne pouvait pas utiliser le même tracé que son oléoduc existant dans l'État.

"Le requérant n'a pas réfuté l'argumentaire des propriétaires de terres, selon lequel un recours à Keystone One éviterait les terres fragiles, réduirait l'impact sur les espèces menacées et éviterait la controverse généralisée et l'opposition à ce projet."

Mme Rhoades, la seule commissaire à s'exprimer publiquement avant le vote, avait indiqué qu'elle s'opposerait au projet notamment parce que son tracé ne respectait pas les propriétaires de terrains, n'avait pas été assez étudié et passait près d'écosystèmes fragiles. Elle jugeait en outre que Keystone ne rapportait pas assez de bénéfices économiques au Nebraska et que l'entreprise n'avait pas consulté les Premières Nations de l'État.

Le vote des commissaires s'est déroulé alors que TransCanada (TSX:TRP) s'affairait toujours au nettoyage d'un déversement de 5000 barils de son pipeline au Dakota du Sud, un incident évoqué par les opposants à Keystone XL pour expliquer leurs craintes.

Les commissaires qui ont approuvé le projet lundi n'évaluaient cependant pas les questions de sécurité, incluant l'impact que pourrait avoir un déversement. Ils se concentraient plutôt sur les questions de conformités réglementaires, ainsi que sur les impacts économique et social du projet et sur d'hypothétiques tracés alternatifs.

L'ex-président américain Barack Obama avait rejeté Keystone XL en 2015 après des années d'études, mais le président Donald Trump l'a appuyé en mars en estimant que le pipeline créerait des emplois et réduirait la dépendance aux sources étrangères de pétrole.

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