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Québec devra s'armer de patience si elle souhaite le retour de la LNH

Le commissaire de la LNH, n'a pas voulu s'avancer au sujet d'une potentielle future expansion.

17/11/2017 17:17 EST | Actualisé 17/11/2017 17:17 EST
La Presse canadienne/Graham Hughes
Le commissaire de la LNH, Garry Bettman, contemplant une plaque soulignant le centenaire de la ligue lors d'une cérémonie à Montréal, le 17 novembre.

La ville de Québec devra s'armer de patience: sans fermer la porte à une éventuelle expansion, le commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman, ne peut pas prédire quand son circuit élargira une nouvelle fois ses cadres.

«Nous n'avons pas encore digéré l'arrivée de notre dernière concession à Las Vegas, a-t-il déclaré devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Nous avons 31 clubs et nous n'allons pas procéder à une autre expansion seulement que par soucis de symétrie.»

Pour l'instant, l'Est compte 16 clubs, comparativement à 15 dans l'Ouest.

«Si nous procédons à un nouvel appel de candidatures, nous agirons de façon très prudente, a ajouté celui qui est en poste depuis près de 25 ans. Mais je ne peux même pas vous affirmer aujourd'hui que nous procéderons à une nouvelle expansion.»

Ses propos n'ont sûrement pas plu au président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, assis en sa compagnie à la table de d'honneur.

«J'étais très heureux de voir de nouveau Pierre Karl, a commenté Bettman. Nous avons une très belle et importante relation en raison de la télédiffusion des matchs par TVA Sports. Je suis très au courant de l'intérêt de Québecor pour une franchise de la LNH; c'est clair depuis le début. J'ai aussi une relation très étroite avec l'ex-premier ministre (Brian) Mulroney — président du conseil d'administration de Québecor — qui me rappelle souvent de ne pas l'oublier.»

Quand on lui a fait remarquer que Québec s'est dotée d'un nouvel amphithéâtre construit à même des fonds publics, Bettman rappelle qu'il n'a jamais incité la ville à bâtir un nouvel aréna depuis le départ des Nordiques, en 1995, et surtout, qu'il n'a jamais promis qu'un nouvel aréna équivaudrait automatiquement à un retour de la LNH.

«Avec tout le respect que je vous dois, nous n'avons jamais dit qu'ils avaient besoin d'un aréna. Nous expliquions plutôt pourquoi l'équipe avait quitté. Une fois que la ville a décidé de se doter d'un nouvel aréna, nous leur avons sans cesse répété que nous ne pouvions pas leur promettre une équipe. Nous leur disions: 'Si vous bâtissez un aréna, il se peut que vous n'obteniez jamais d'équipe'. Ceci dit, ça ne signifie pas que Québec n'obtiendra jamais d'équipe. Seulement, nous ne nous sommes pas engagés à leur en trouver une. Je suis très à l'aise avec notre position. Nous ne demandons jamais à qui que ce soit de bâtir un amphithéâtre pour nous.

«Vous voyez par contre ce qui se passe quand un marché perd son équipe en raison d'une bâtisse inadéquate: c'est très difficile d'en ravoir une autre. Regardez le temps que ça a pris à Winnipeg pour ravoir son équipe. Nous ne menaçons jamais un marché C'est une évolution naturelle: si un marché a besoin d'un nouvel aréna ou ne peut plus survivre sans un nouvel aréna, les choses se produisent d'elles-mêmes.»

Mince consolation pour les partisans de hockey de Québec: Geoff Molson, le propriétaire et président du Canadien de Montréal, appuierait une recommandation d'expansion à Québec de la part des gouverneurs du circuit et ne demanderait pas de compensation supplémentaire à celle qui serait prévue au processus d'expansion si une nouvelle équipe s'installait dans ce qui est maintenant considéré son territoire exclusif.

«Il y a d'autres marchés dans la LNH où des équipes sont très rapprochées. Si les gouverneurs décidaient d'octroyer une équipe à Québec, nous appuierions cette démarche», a affirmé M. Molson.

Qu'en est-il de Houston?

Le commissaire Bettman n'a pas voulu commenter la situation de Houston. Des rumeurs ont laissé entendre que le nouveau propriétaire des Rockets de la NBA, Tilman Fertitta, et lui se seraient rencontrés au cours des dernières semaines en vue de l'octroi éventuel d'une équipe à Houston, quatrième ville des États-Unis. Le commissaire n'a ni confirmé, ni nié cette information.

Bettman n'a pas voulu non plus commenter davantage la situation à Calgary, où les Flames souhaitent un nouvel aréna, tandis qu'il a répété que la situation idéale pour les Sénateurs est de quitter Kanata pour le centre-ville d'Ottawa.

Quand à la présence «minimaliste» de la LNH à Montréal pour célébrer son centenaire, Bettman et Molson ont indiqué avoir tout fait pour y tenir un match en plein-air, mais que cela était impossible. Estimant que la réunion des directeurs généraux du circuit, le dévoilement d'une plaque signalant la création du circuit à Montréal il y a 100 ans et sa participation à un dîner-causerie se voulaient des événements importants.

«Nous voulons toujours mieux faire ou en faire davantage, mais le fait que la LNH ait invité les 31 d.g. ici; que Gary soit venu ici pour cette conférence et qu'il rencontre plus tard des détenteurs d'abonnements au Centre Bell; que le camion du centenaire de la LNH soit en ville, si on se compare aux 30 autres équipes, la ligue a fait beaucoup de choses à Montréal, l'a appuyé Molson. Nous n'avons pas eu de match extérieur — et on en veut toujours un —, mais ce qu'ils ont fait ici, c'est plus important que dans la plupart des autres villes.»

Bettman a d'ailleurs rappelé que la LNH a largement appuyé les célébrations du centenaire du Tricolore en tenant son match des étoiles et son repêchage à Montréal il y a huit ans.