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L'UPA évalue les retombées économiques de la production du cannabis à 700 millions $

«On ne veut pas que le train nous passe sous le nez.»

17/11/2017 15:39 EST | Actualisé 17/11/2017 15:50 EST

Une production québécoise du cannabis entraînerait des retombées économiques de l'ordre de 500 à 700 millions $, évalue l'Union des producteurs agricoles (UPA).

«Je l'ai dit à M. (le premier ministre Philippe) Couillard, il y a un potentiel économique pour nous. On sait maintenant qu'à partir du mois de juillet ce sera légal au Canada, donc ça prend un signal clair aux producteurs qui voudront investir dans ce domaine-là», a déclaré le président de l'UPA, Marcel Groleau, en marge du Sommet sur l'alimentation, vendredi.

«On ne veut pas que le train nous passe sous le nez», a-t-il ajouté.

L'UPA croit que le gouvernement doit se servir de ses surplus d'hydroélectricité pour offrir au secteur serricole des tarifs privilégiés.

Ainsi avantagé, le Québec a le potentiel de produire du cannabis pour exporter dans le reste du Canada et à l'international, selon M. Groleau.

«On sait que la tendance à la décriminalisation de la marijuana, c'est quelque chose qui va se poursuivre ailleurs également. Si on a une expertise, on a des coûts d'énergie abordables, on a un secteur performant, on fait de la recherche et du développement, on peut très bien occuper ce marché-là», a-t-il poursuivi.

L'Ontario compte 38 producteurs de cannabis, tandis que le Québec en a deux.

Le gouvernement Couillard a déposé, jeudi, son projet de loi pour encadrer la légalisation du cannabis. La drogue sera vendue par une nouvelle filiale spécialisée de la Société des alcools du Québec (SAQ), il sera interdit d'en faire pousser chez soi et ce sera tolérance zéro en matière de conduite automobile.

Mais rien, pour l'instant, sur la production en serre du cannabis. Il est même impossible de dire si la substance sera considérée comme une denrée agricole, a indiqué le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, en entrevue vendredi.

«Pour l'instant, le statut juridique n'est pas clair. Il est produit actuellement sous une législation fédérale et actuellement on est en analyse pour éclaircir la juridiction de cette production-là», a-t-il dit, tout en précisant vouloir faire de la production locale.

Politique bioalimentaire

Le Québec se dotera d'ailleurs d'une politique bioalimentaire «ambitieuse» dans les prochains mois, a confirmé le premier ministre Couillard.

Le chef du gouvernement participait, vendredi, au Sommet sur l'alimentation, qui sert à convenir des fondements de cette politique.

Les participants étaient invités à réfléchir sur les façons de répondre aux attentes des consommateurs à l'égard de la santé et de l'environnement, d'accroître les activités des secteurs de production, de capture et de transformation alimentaire, et d'augmenter la présence du Québec sur les marchés du Canada et de l'étranger.

«Cette politique sera une pièce importante dans le plan économique du Québec, a déclaré M. Couillard. Il faut rappeler à la population du Québec que oui, on fait des avions chez nous, on exporte de l'aluminium, mais notre secteur bioagroalimentaire demeure un de nos secteurs économiques les plus importants et notamment, dans nos exportations.»

Le Québec doit innover et se tourner vers l'avenir en répondant notamment aux besoins des «milléniaux» (âgés entre 11 à 33 ans), qui composent le quart de sa population.

Selon M. Lessard, cette génération privilégie les mets «éthiques et ethniques». Ils recherchent de la transparence et veulent acheter des produits d'entreprises engagées socialement.

Somme toute, les Québécois préfèrent la viande blanche et les légumes frais au profit du boeuf, du porc et des légumes en conserve, le vin à la bière. Lorsqu'ils en boivent, les Québécois se tournent vers la bière artisanale, a relaté M. Lessard. Ils cherchent essentiellement à consommer moins de gras et de sucres.

Vendredi matin, des manifestants du groupe Vigilance OGM ont réclamé la mise en place de l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Des militants ont distribué des canapés au saumon aux participants qui avaient le choix entre du saumon garanti non-OGM et d'autres non identifiés tels que retrouvés au Québec.

Le ministre Lessard a fait savoir que les entreprises qui le désirent peuvent recevoir la certification «sans OGM», mais celle-ci n'est pas obligatoire.