DIVERTISSEMENT

Lemire Verville: Gilbert Rozon et Éric Salvail passent dans le tordeur

Trente ans qu’ils ne s’étaient pas retrouvés sur une même scène.

17/11/2017 06:47 EST | Actualisé 17/11/2017 06:49 EST
Facebook/LemireVerville

Daniel Lemire et Pierre Verville ont célébré jeudi soir leurs retrouvailles au Théâtre Maisonneuve avec un tout nouveau spectacle à l'humour mordant ancré dans l'actualité de ces derniers mois.

Après une courte introduction bon-enfant qui est venue rappeler leur jeunesse respective à travers la projection d'une série de photographies d'époque, les deux acolytes n'ont pas attendu très longtemps afin d'aborder les scandales sexuels qui ébranlent ces temps-ci le milieu artistique québécois. Ils ont d'ailleurs précisé, ironiques, que «l'industrie du spectacle avait bien changé ces dernières semaines».

Les accusations de viols et d'inconduites sexuelles visant Gilbert Rozon et Éric Salvail ont été l'occasion de crever l'abcès sur un ton plutôt direct. «Gilbert Rozon, quand il engageait du monde de sa famille, on appelait ça le clan Rozon. Quand il était seul, on l'appelait le gland Rozon», a lancé Daniel Lemire.

En ce qui concerne la vedette déchue Salvail, l'humoriste a ajouté qu'il ne «voudrait pas être dans ses culottes en ce moment». Verville a alors spontanément répondu: «lui non plus, il n'était pas souvent dedans».

Dans la même veine caustique, les complices ont poursuivi avec un numéro reprenant le bulletin de nouvelles de Pierre Bruneau. Les sujets du jour se sont succédés à un rythme fou. La libération du député libéral Guy Ouellette ou les inondations du printemps dernier. Tout est passé à la trappe des deux farceurs. «Laval-sur-Lac a été rebaptisé "Laval-sous-le-lac"».

Sans fausses notes

L'ex-entraîneur du Canadien, Michel Therrien, est aussi venu faire son petit tour, sous l'entremise de son imitateur Pierre Verville. Il a répondu aux questions dans une désinvolture qui le caractérise assez bien. En ce qui concerne l'affaire des «Paradise Papers» et l'implication de Stephen Bronfman – argentier du Parti libéral –, l'ancien coach a rétorqué que tout le monde faisait la même chose. «Moi, j'ai déposé 500 piasses dans une banque aux Îles-de-la-Madeleine!»

Visiblement, les joyeux lurons étaient ravis de se retrouver dans ce spectacle en deux parties, délivré sans fausses notes. En imaginant à quoi pourrait ressembler le prochain Sommet du G7 qui doit bientôt se réunir à Charlevoix, ils ont fait crouler de rire la salle entière. Bien que les chansons interprétées par Verville lui ont permis reprendre à merveille plusieurs grandes voix comme celles de Paul Piché, Serge Fiori ou Robert Charlebois, c'est dans l'actualité que le duo a frappé en plein dans le mille. Il faut dire qu'en la matière, l'inspiration n'a pas manqué.

L'incarnation de Justin Trudeau, «l'ami Facebook de tous les Canadiens Canadiennes», a offert un des moments les plus appréciés du public. Le premier ministre a avoué que ses relations avec le président américain Donald Trump étaient difficiles. «Par contre, je m'entends très bien avec sa fille Ivanka. On a la même coupe de cheveux et on utilise le même shampoing.»

Dans le sketch sur l'immigration, les compères qui ont remis au goût du jour le personnage vintage de Yvon Travailler n'ont pas boudé leur plaisir de tacler les comportements des uns et des autres. Entre le Québécois demeuré, à la Elvis Gratton, et le réfugié hispanique faisant semblant de comprendre le français, personne n'a été épargné.

Avant de tirer leur révérence, Daniel Lemire et Pierre Verville ont pastiché la populaire émission La Voix avec une version délicieuse intitulée La Voix Senior, une production des Résidences Soleil. Sont ensuite venues défiler les imitations de Sting et d'Aznavour dans une atmosphère festive pleine de bonne humeur.

Lemire Verville, en supplémentaire le 21 avril 2018 et en tournée partout au Québec.