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Bombardier veut engager 1000 personnes dans la région de Montréal

Ces embauches que compte effectuer Bombardier surviennent à la suite d'importants licenciements effectués depuis 2015 dans le cadre du plan de redressement de cinq ans du constructeur d'avions et de trains.

17/11/2017 10:40 EST | Actualisé 17/11/2017 15:08 EST
Denis Balibouse / Reuters

Au moment où la main-d'oeuvre se fait rare dans le secteur de l'aéronautique, Bombardier devra combler environ 1000 postes à Montréal au cours des 18 prochains mois pour accélérer le rythme de production de l'avion d'affaires Global 7000.

En inaugurant un centre de finition intérieure qui représente un investissement de 80 millions $, vendredi, à Pointe-Claire, le président et chef de la direction de l'avionneur, Alain Bellemare, a reconnu qu'il n'était "jamais facile" de recruter des travailleurs qualifiés.

"Ce n'est pas parce que c'est difficile que c'est impossible", a-t-il lancé en conférence de presse, aux côtés de la ministre québécoise de l'Économie, Dominique Anglade, et du secrétaire parlementaire du ministre fédéral du Développement économique, David Lametti.

Au cours de la prochaine décennie, Aéro Montréal prévoit qu'il faudra combler près de 31 700 postes dans l'industrie aéronautique au Québec, notamment parce qu'on anticipe quelque 22 900 départs à la retraite.

Dans le contexte actuel, Bombardier (TSX:BBD.B) compte tenir une foire de l'emploi le 25 novembre dans le but de recruter des ouvriers, ébénistes et rembourreurs qui pourraient travailler à la finition de l'avion d'affaires qui se vend 72 millions $ US et qui est destiné à une clientèle bien nantie.

"Nous n'avons jamais manqué de personnel, a lancé M. Bellemare. Jamais nous avons été dans l'obligation d'ajuster notre cadence de production faute de talent disponible."

Le grand patron de l'avionneur et Mme Anglade ont tenté de lancer un message afin de mousser les perspectives de travail dans l'industrie aéronautique au Québec, qui représente dans son ensemble environ 40 000 postes.

"Il faut redoubler d'ardeur pour réitérer qu'il y a de belles occasions dans ce secteur", a martelé la ministre de l'Économie.

M. Bellemare a estimé que les turbulences traversées depuis 2015 par l'entreprise - qui a éliminé 14 500 postes à travers le monde dans ses divisions de l'aéronautique et de matériel roulant dans le cadre de deux importantes restructurations - ne devraient pas refroidir d'éventuels candidats aux postes à pourvoir.

Celui-ci a rappelé que l'avionneur arrivait à un "point d'inflexion" alors qu'une phase de production s'amorce, ce qui, à son avis, constitue le début d'une période de croissance.

Le Global 7000, dont l'entrée en service est prévue dans la deuxième moitié de 2018, est au coeur du plan de redressement de Bombardier. À terme, ce programme devrait fournir du travail à 2500 personnes au pays. Quelque 1700 employés seront affectés à la finition intérieure à Montréal, alors que 800 personnes se chargeront de l'assemblage final à Toronto.

En février, le gouvernement Trudeau avait consenti un prêt de 372,5 millions $ US à Bombardier afin de l'aider notamment à compléter le développement de son nouvel avion d'affaires.

Les plans pour le Global 7000 à Montréal incitent par ailleurs Bombardier à déplacer vers Wichita, au Kansas, la production du Global 5000, ce qui, assure M. Bellemare, n'entraînera aucune perte d'emplois au Québec.

Environ 200 embauches sont prévues aux États-Unis, alors que dans la métropole, les travailleurs concernés par ces changements seront dirigés vers le nouvel avion d'affaires de l'entreprise.

Sans surprise, l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA) et le syndicat Unifor, qui représentent les travailleurs de Bombardier, ont accueilli favorablement les nouvelles annonces.

Le directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné, s'est toutefois désolé du transfert de production du Global 5000 vers le sud de la frontière, mais il s'est réjoui que les employés québécois aient été retenus pour travailler sur des "programmes d'avenir".

"Lorsque l'on effectue des mises à pied, comme ça été le cas dans le passé, les gens se désintéressent, a-t-il dit. Là, une centaine de personnes sur la liste de rappel vont revenir au travail. Cela va lancer un message positif pour le recrutement."

En octobre, Airbus avait pris le contrôle de la C Series de Bombardier afin de solidifier le programme de cet avion commercial, qui est actuellement au coeur d'une dispute commerciale avec l'avionneur Boeing aux États-Unis.

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