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Corruption à Laval: «Il n'est pas au courant; il n'est pas dans ça», dit l'avocat d'Accurso

Tony Accurso volait beaucoup plus haut que ça, a-t-il encore imagé.

16/11/2017 11:09 EST | Actualisé 16/11/2017 14:45 EST
Ryan Remiorz/PC

Tony Accurso n'était "pas au courant" d'un système de ristournes sur les contrats de construction qui a eu cours sous l'administration de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt.

Il n'y a donc pas participé, a plaidé jeudi son avocat, Me Marc Labelle, qui fait sa plaidoirie au procès pour fraude et corruption de l'entrepreneur.

Me Labelle a soutenu que M. Accurso dirigeait de si grandes entreprises qu'il ne pouvait s'occuper lui-même de la gestion quotidienne et de l'octroi des contrats de construction. Il déléguait certaines tâches à ses présidents.

"Il n'est pas au courant; il n'est pas dans ça", a martelé l'avocat, en s'adressant au jury.

Il l'a encore une fois comparé à un avion qui vole à 35 000 pieds d'altitude et qui n'est pas au courant des Cessna qui volent à 1500 pieds.

L'avocat a répété plus d'une fois au jury: "vous êtes la seule protection, la seule, qu'un citoyen a contre le tribunal de l'opinion publique", le rempart entre le citoyen et l'État.

Me Labelle s'est longuement attardé à miner la crédibilité des témoins qui ont été entendus, en traitant plusieurs de "contractuels" qui ont obtenu l'immunité, après avoir signé une entente avec les autorités en échange de leur témoignage.

Il a aussi parlé de témoins qui ont "des squelettes dans leur placard" et qu'il faut donc "prendre avec des pincettes".

Il a aussi voulu marquer des points, en soulignant aux jurés que la poursuite n'avait pas fait témoigner certains témoins importants, comme Gilles Vaillancourt.

Il a soutenu qu'un seul témoin, le collecteur de fonds Marc Gendron, avait directement lié M. Accurso au système de ristournes, en affirmant que l'entrepreneur lui avait remis une somme de 200 000 $ dans un stationnement.

M. Gendron, "c'est un contractuel", a lancé l'avocat. Et "il ment parce qu'il ne veut pas aller en prison".

Comme M. Accurso a nié avoir versé toute ristourne, l'un des deux hommes ment, a conclu l'avocat. Et "pour quelle raison mettriez-vous de côté le témoignage de M. Accurso?" a-t-il demandé aux jurés.

Me Labelle poursuit sa plaidoirie en après-midi.

Vendredi, ce sera au tour du procureur de la poursuite, Me Richard Rougeau, de faire la sienne.

Antonio Accurso fait face à des accusations de fraude, corruption de fonctionnaires, abus de confiance et complot dans le cadre d'un système de partage des contrats et de paiement de ristournes sur ces contrats au parti de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt.