POLITIQUE

Québec solidaire dépose un projet de loi «anti-burn-out»

«Les gens pètent au frette au travail parce qu’on ne les respecte pas, parce qu’on ne leur donne pas le temps de souffler.»

15/11/2017 15:15 EST | Actualisé 15/11/2017 15:33 EST
LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – Le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a déposé un projet de loi qui vise à diminuer «l'épidémie de burn-out» dans le monde du travail, en augmentant le nombre de jours de vacances et en permettant aux employés de refuser le temps supplémentaire.

«Les choses ne vont pas bien, a déclaré le député de Gouin. Les gens sont vidés, les gens pètent au frette au travail parce qu'on ne les respecte pas, parce qu'on ne leur donne pas le temps de souffler. Alors, il faut des solutions pour ça.»

Le projet de loi, qui viendrait modifier la Loi sur les normes du travail, obligerait les employeurs à fournir l'horaire de travail aux employés au moins une semaine à l'avance. Les employés, syndiqués ou non, pourraient refuser de travailler au-delà de 40 heures par semaine.

Le nombre de vacances annuelles payées passerait à trois semaines après un an de service pour le même employeur, et à quatre après deux ans. Québec solidaire veut également ajouter deux congés fériés, la Journée internationale des femmes le 8 mars, et la Journée internationale des travailleurs le 1er mai, et rémunérer les 10 congés sociaux prévus dans la loi.

M. Nadeau-Dubois s'est défendu de cibler les petites et moyennes entreprises, qui seraient davantage touchées par les mesures proposées. Il fait le pari que le Québec en entier sera gagnant au bout du compte, avec des employés plus reposés et plus productifs.

«Nous, on pense qu'en 2017, les entreprises doivent faire leur part pour assurer une conciliation travail-famille, dit-il. C'est possible, surtout avec les outils technologiques aujourd'hui, de prévoir l'organisation du travail. Je veux dire, c'est la moindre des choses. C'est une question de respect.»

La ministre du Travail, Dominique Vien, en est à rédiger un projet de loi pour la modernisation de la Loi sur les normes du travail, qu'elle déposera avant Noël. M. Nadeau-Dubois interpelle les libéraux pour qu'ils tiennent compte des nouvelles réalités sur le marché de l'emploi.

«Pour ma génération, le monde du travail où on rentre de 9 à 5, du lundi au vendredi, ça existe de moins en moins, poursuit-il. On est dans un monde du travail qui se transforme, où les horaires sont de plus en plus variés, de plus en plus difficiles à prévoir, de plus en plus précaires. Il faut agir.»

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