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Des libéraux au Québec dans l'embarras, après le refus d'Ottawa sur une taxe à Netflix

Justin Trudeau reste ferme sur sa promesse de ne pas appliquer une taxe à Netflix.

15/11/2017 19:26 EST | Actualisé 15/11/2017 19:28 EST
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Le premier ministre Justin Trudeau reste ferme sur sa promesse de ne pas appliquer une taxe à Netflix, et les députés libéraux fédéraux du Québec, où le gouvernement provincial est prêt à agir seul, affirment qu'ils vont vivre avec sa décision — au moins pour l'instant.

Le député d'arrière-ban Nicola Di Iorio a dit ne pas croire qu'imposer une taxe à Netflix est possible actuellement, estimant qu'elle serait difficile à mettre en vigueur.

Le député de Saint-Léonard-Saint-Michel a souligné que l'univers technologique s'est transformé, et qu'il y a au pays des «pratiques qui ont été élaborées dans une ère où tout était tangible».

Tout de même, M. Di Iorio a dit croire qu'il devrait éventuellement y avoir une taxe pour Netflix, une fois que le gouvernement fédéral aura déterminé la manière d'agir.

M. Di Iorio a ajouté que ses collègues et lui-même dans le caucus libéral du Québec continueront de promouvoir une telle taxe, même si cela ne doit pas arriver dans un avenir rapproché.

L'irritant a pris une autre tangente ces derniers jours, alors que le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, a envoyé une lettre à son homologue fédéral, Bill Morneau, le 7 novembre, appelant Ottawa à se joindre à Québec dans la taxation des entreprises étrangères en ligne, incluant Netflix, mais prévenant que la province était prête à agir seule.

Puis, mardi, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a exhorté Ottawa à répondre positivement à l'appel du gouvernement du Québec.

Le gouvernement libéral n'a pas l'intention de changer d'idée, selon une porte-parole de M. Morneau, mais permettra à Québec d'aller de l'avant.

Netflix n'a pas répondu mercredi à une demande pour commenter.

La décision du gouvernement fédéral a placé certains députés libéraux du Québec dans une position difficile: ils sont conscients qu'une taxe fédérale sur Netflix n'est pas dans les plans, mais en entendent parler par leurs électeurs et comprennent leurs préoccupations.

«Le sentiment général dans la population est que cela est inéquitable», a indiqué la députée libérale de Brossard-Saint-Lambert, Alexandra Mendes.

La controversée entente conclue entre Ottawa et Netflix prévoit que le géant américain investira 500 millions $ sur cinq ans dans la production de contenu au pays en échange d'une exemption sur le prélèvement des taxes de vente sur ses abonnements au Canada, contrairement aux services canadiens comme Club illico et Tou.tv Extr.

En contrepartie, le gouvernement fédéral compte bonifier sa contribution au Fonds des médias canadiens dès 2018 pour compenser la baisse du financement privé, dont les revenus sont en déclin.

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