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Les Canadiens consomment trop d'antibiotiques

Les médecins canadiens prescrivent trop d'antibiotiques et souvent à tort

10/11/2017 16:00 EST | Actualisé 10/11/2017 16:09 EST
Sezeryadigar via Getty Images
Medical prescription

Les médecins canadiens prescrivent trop d'antibiotiques et souvent à tort, selon l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), qui tire la sonnette d'alarme.

La consommation à outrance d'antibiotiques peut réduire leur efficacité à long terme et augmenter le risque de résistance aux bactéries.

Vingt-cinq millions de prescriptions d'antibiotiques ont été remplies au Canada en 2015. Cela équivaut à environ une ordonnance par personne adulte âgée entre 20 à 69 ans.

C'est un tiers de plus que ce que prescrivent les médecins d'autres pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) comme l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède.

Le Canada se classe légèrement sous la moyenne des 30 pays membres.

Dans tous les pays de l'OCDE, trois ordonnances d'antibiotiques sur cinq étaient inappropriées pour traiter les symptômes des patients. Elles étaient, par exemple, prescrites pour soulager les maux de gorge et la toux associés au rhume.

L'ICIS veut sensibiliser la communauté médicale à ce phénomène qui pourrait éventuellement mener au développement de superbactéries et ainsi avoir de graves conséquences pour la santé publique.

L'Institut national de santé publique du Québec constatait, en mai, une hausse des cas de gonorrhée résistante aux antibiotiques. Cette infection transmissible sexuellement est de plus en plus difficile, parfois même impossible, à traiter, selon l'Organisation mondiale de la santé.

«Nous prenons ça très au sérieux, a réagi le président-directeur général du Collège des médecins du Québec, Dr Charles Bernard, tout en admettant qu'il s'agit d'un phénomène difficile à contrôler.

«Ça nous inquiète et c'est pour ça qu'on fait des interventions, c'est pour ça qu'on participe à faire des guides. C'est pour ça qu'on parle aux universités pour former encore mieux nos jeunes», a-t-il dit.

Lorsqu'une inspection professionnelle révèle qu'un médecin prescrit soit trop d'antibiotiques ou une génération d'antibiotiques trop puissants pour le type d'infection à traiter, le Collège des médecins lui demande de suivre une formation et de changer sa pratique.