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Le Vatican renonce aux ventes de cigarettes

Le pape François a pris cette décision car «le Saint-Siège ne peut contribuer à une activité qui nuit clairement à la santé de la population».

09/11/2017 13:21 EST | Actualisé 09/11/2017 13:21 EST

Le Vatican a annoncé jeudi la fin des ventes de cigarettes dans sa boutique et son supermarché hors taxes.

Le pape François a pris cette décision car «le Saint-Siège ne peut contribuer à une activité qui nuit clairement à la santé de la population», explique le Vatican. Le communiqué cite l'Organisation mondiale de la Santé, qui calcule que le tabagisme fait plus de sept millions de morts chaque année à travers le monde.

Un livre publié en 2015 et inspiré de documents secrets du Vatican, «Avarice», révélait que les ventes de cigarettes rapportaient chaque année environ dix millions d'euros au Vatican. Il s'agissait de sa deuxième source de revenus en importance, derrière les ventes d'essence hors taxe.

Les détenteurs d'une «carte commerciale» du Vatican peuvent faire des achats dans ses boutiques hors taxes et donc se soustraire à la taxe de vente italienne de 22 pour cent. Ces établissements vendent de tout, des produits d'épicerie aux cigares cubains en passant par l'essence, les médicaments, des téléviseurs à écran plat et des vins recherchés.

Ces cartes ne sont normalement remises qu'aux employés du Vatican, à ses retraités et à ses citoyens; aux diplomates; et aux membres de communautés religieuses. La firme comptable Ernst & Young a calculé en 2013 que seulement quelques milliers de cartes devraient circuler, mais un document d'E&Y cité dans «Avarice» révèle plutôt que 41 000 cartes sont utilisées.

Les détenteurs ne peuvent acheter plus de 80 cartouches de cigarettes chaque année, mais l'enquête a découvert que 278 clients ont excédé cette limite en 2013.

Dans son livre, le journaliste Emiliano Fittipaldi laisse entendre que certains détenteurs encaissent un profit intéressant en revendant leurs cigarettes sur le marché noir.

Le Vatican déclare dans son communiqué que les cigarettes représentent une source importante de revenus, mais «qu'aucun profit n'est légitime s'il met des vies en danger».