POLITIQUE

Andrew Scheer veut que le Canada dirige une mission de l'ONU en Ukraine

Il accuse le gouvernement Trudeau de ne pas répondre «à l'agression russe».

09/11/2017 11:38 EST | Actualisé 09/11/2017 11:38 EST
YURI DYACHYSHYN/AFP/Getty Images
Des soldats ukrainiens prennent part à un exercice militaire international en septembre 2017.

Le Canada doit prendre la tête d'une mission de paix des Nations unies en Ukraine pour contribuer aux efforts de stabilisation de la région affectée par conflit opposant Kiev et Moscou, selon le chef conservateur Andrew Scheer.

Le leader de l'opposition officielle livre un discours jeudi midi à Milton, en Ontario. Il estime que «cette mission permettra à l'Ukraine de reprendre le contrôle de sa frontière orientale avec la Russie», selon un extrait de son annonce.

Le chef Scheer accuse le gouvernement de Justin Trudeau de ne pas répondre «à l'agression russe» en Ukraine avec des «mesures significatives», alors que «la défense de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine devrait être une priorité pour le gouvernement du Canada».

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, dénonce régulièrement l'attitude de Moscou dans ce conflit. L'élue aux racines ukrainiennes est sur une liste noire du Kremlin en guise de représailles aux sanctions imposées par le Canada après l'annexion de la Crimée par la Russie.

La proposition du chef conservateur est formulée alors que le plan de déploiement des Casques bleus promis par les libéraux il y a maintenant plus d'un an tarde à se matérialiser.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, sera l'hôte dans quelques jours de la réunion des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations unies. L'événement se tiendra à Vancouver les 14 et 15 novembre prochain.

Des rumeurs circulent à l'effet que les libéraux profiteraient de l'occasion pour enfin lever le voile sur leur programme de maintien de la paix. Le gouvernement a promis en août 2016 d'injecter 450 millions $ sur trois ans et de déployer jusqu'à 600 soldats et 150 policiers dans des missions de paix.

Dans les mois suivants, des ministres avaient effectué plusieurs missions de repérage en Afrique. Puis, l'idée avait semblé être mise en veilleuse — on a tour à tour évoqué le changement de leadership à l'ONU, puis l'élection de Donald Trump, puis la dangerosité des missions africaines.

Aucun de ces prétextes ne tient la route, selon Jocelyn Coulon, un spécialiste en opérations de paix qui a été l'un des conseillers de l'ex-ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion. Surtout pas celui du locataire de la Maison-Blanche.

«Ben voyons donc! Vous pensez vraiment que Donald Trump se lève le matin en se demandant combien de Canadiens vont aller dans une opération de paix demain? Ça n'a aucun lien! Je ne comprends pas qu'on sorte des arguments semblables», s'est-il exclamé en entrevue.

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