POLITIQUE

Affaire fiscale de Stephen Bronfman: Trudeau satisfait de ses explications, l'opposition s'indigne

Trudeau a toutefois ajouté que beaucoup de travail restait à faire pour contrer l'évasion fiscale.

08/11/2017 07:06 EST | Actualisé 08/11/2017 15:35 EST
Nguyen Huy Kham / Reuters

La réaction du premier ministre Justin Trudeau à l'affaire Bronfman, mercredi, a soulevé l'indignation des conservateurs et des néo-démocrates qui demandent davantage de réponses.

M. Trudeau a affirmé être satisfait des explications livrées par Stephen Bronfman, un ami personnel et responsable de la collecte de fonds du Parti libéral du Canada (PLC), concernant les Paradise Papers.

La fuite de documents en début de semaine a permis de lier M. Bronfman à une fiducie outre-mer qui lui aurait permis d'éviter de verser des millions de dollars à l'impôt.

"On a obtenu des garanties - les mêmes garanties qui étaient dans la déclaration publique que tout était conforme - et on est satisfait de ces garanties et de cette déclaration", a répondu M. Trudeau à la question d'un journaliste à Hanoï au Vietnam où il était en visite.

Dans un communiqué diffusé lundi, M. Bronfman écrit n'avoir "jamais financé ni utilisé de fiducies offshore".

Il admet toutefois avoir fait un prêt commercial à la fiducie Kolber il y a plus de 25 ans remboursé en cinq mois et qui était conforme "à toutes les exigences légales, y compris en matière fiscale". Cette fiducie est enregistrée aux îles Caïmans, un paradis fiscal, selon le Toronto Star et CBC/Radio Canada.

Témoignage de Bronfman en comité?

Les propos de M. Trudeau ont fait sursauter certains députés de l'opposition.

"Ça démontre très bien le fait que dans le fond, il ne travaille pas pour la classe moyenne, mais surtout pour le 1 pour cent des Canadiens", a fait valoir le député conservateur Maxime Bernier.

"On sait que ces abris fiscaux-là, c'est peut-être légal, mais ce n'est pas éthique", a-t-il ajouté.

Les comptes dans les paradis fiscaux sont un moyen légal utilisé par des riches et des sociétés pour réduire leur fardeau fiscal. Toutefois, l'anonymat entourant certains de ces comptes porte des détracteurs à les associer à de l'évasion fiscale, au blanchiment d'argent et au crime organisé.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a déposé une motion mercredi pour inviter Stephen Bronfman et Leo Kolber, ex-sénateur et ex-responsable du financement du PLC, à s'expliquer devant le comité des finances. M. Kolber est le propriétaire de la fiducie à laquelle M. Bronfman a contribué, selon le Toronto Star et CBC/Radio Canada.

"On veut savoir c'était quoi la situation (de M. Bronfman), pourquoi il l'a fait, c'est quoi les règlements qui ont permis cette activité, est-ce qu'il y avait du lobbying?", a énuméré le chef du NPD, Jagmeet Singh.

"On veut en savoir plus et les Canadiens ont le droit d'en savoir plus."

Il y a peu de chances que le comité des finances accepte la motion du NPD puisque les libéraux y sont majoritaires.