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Twitter: Donald Trump affrontera le grand pare-feu chinois

Va-t-il survivre sans le réseau social?

07/11/2017 13:31 EST | Actualisé 07/11/2017 13:31 EST
(Jung Yeon-Je/Pool Photo via AP)
Le président Donald Trump et le président sud-coréen Moon Jae-In.

Ce sera un combat de titans: le gazouilleur-en-chef des États-Unis contre le «grand pare-feu» de Chine.

L'arrivée du président Donald Trump à Pékin mercredi mettra à rude épreuve son engouement pour les messages de 140 caractères ou moins.

La Maison-Blanche n'a rien voulu dire de la possibilité pour M. Trump d'utiliser Twitter en Chine ou des mesures qui seront prises pour protéger ses communications dans un pays où la surveillance est omniprésente. Et ce n'est pas seulement une question de cybersécurité: connaissant la tendance au spectacle de leur patron, certains membres de l'entourage présidentiel essaie d'intensifier le suspense sur les réseaux sociaux avant qu'Air Force One ne se pose à Pékin.

Les Chinois n'ont pas accès à Twitter, mais les étrangers peuvent l'utiliser par le biais de services d'itinérance qui se branchent sur leur réseau cellulaire d'origine.

C'est un peu plus compliqué pour le président des États-Unis. Assurer la confidentialité des communications présidentielles nécessite la mobilisation de satellites, d'appareils électroniques sophistiqués et de centaines de personnes sur de multiples continents.

M. Trump, comme ses prédécesseurs, dispose d'un téléphone cellulaire sécurisé, même s'il l'utilise davantage pour envoyer des gazouillis que pour téléphoner. Il a envoyé des dizaines de micromessages pendant les quatre premiers jours de son périple en Asie. Mis au point conjointement par la National Security Agency et le Secret Service des États-Unis, ce téléphone a une configuration spéciale qui l'empêche d'être piraté.

Mais la situation est différente en Chine: le simple fait de l'allumer dans ce pays représente un risque de sécurité, puisque le réseau cellulaire chinois est probablement entièrement infiltré par les services de sécurité du pays.

La Maison-Blanche a refusé de dire si le président aura son téléphone avec lui en Chine, mais les gazouillis qu'il a envoyés depuis le début de son voyage émanaient d'un iPhone.

Les Chinois semblent bien au fait de l'importance qu'occupe Twitter dans la vie de M. Trump. Questionné quant à savoir si le président pourra gazouiller depuis Pékin, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Zheng Zeguang a dit aux journalistes vendredi: «Nous nous préoccupons de tout lorsque nous recevons des chefs d'État étrangers, donc vous ne devriez pas vous inquiéter de la capacité du président à communiquer avec le monde extérieur».

Des responsables expliquent toutefois que cela ne dépendra pas vraiment de la Chine, puisqu'il serait inconcevable pour le téléphone présidentiel de se brancher sur un réseau chinois.

Les dirigeants américains qui voyagent à l'étranger reçoivent parfois des appareils temporaires vers lesquels sont redirigés leurs appels et leurs messages, en attendant leur retour aux États-Unis. Ces téléphones sont ensuite inspectés par les experts de la Maison-Blanche. On encourage les membres de la délégation américaine à ne même pas allumer leurs téléphones personnels dans des pays où le risque de cyberespionnage est très élevé, comme la Chine, Cuba et Israël.

La White House Communications Agency (WHCA), une agence militaire de 1200 personnes, est responsable des communications présidentielles. Son rôle premier est de s'assurer que le président pourra en tout temps rejoindre ses commandants militaires. On retrouve dans chaque convoi présidentiel un VUS blindé surnommé «Road Runner» qui assure la connexion avec divers réseaux de communications de l'armée ou du Secret Service.

À l'étranger, la WHCA et des membres de la Maison-Blanche installent dans l'hôtel présidentiel une pièce sécurisée qui sera utilisée par l'entourage du président. On y retrouve des téléphones sécurisés ou non, ainsi qu'un accès au réseau wifi de la Maison-Blanche. Cette pièce est surveillée 24 heures par jour, sept jours sur sept, et fréquemment fouillée à la recherche de dispositifs d'espionnage.

À l'étranger, «nous devons être excessivement prudents et confiner les discussions confidentielles — et même personnelles — à cette pièce», révèle Ned Price, un ancien membre de la CIA qui voyageait avec le président Obama.

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