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Ricardo, Pierre Thibault et Pierre Lavoie chargés de repenser l'école de demain

Ils auront le mandat de dessiner les contours du «Lab-École».

07/11/2017 17:13 EST | Actualisé 07/11/2017 17:58 EST

À quoi devrait ressembler l'école de demain?

C'est à cette vaste question que trois personnalités qui ne sont pas issues du monde de l'éducation tenteront de répondre: le chef cuisinier Ricardo Larivée, l'architecte Pierre Thibault et l'athlète Pierre Lavoie, bien connu pour ses «Cubes énergie» et le Grand défi qui porte son nom.

Dans les prochains mois, sans aucune contrainte et en laissant libre cours à leur imagination, ils auront le mandat de dessiner les contours du «Lab-École», un projet du ministère du l'Éducation visant à mieux adapter les écoles aux besoins des enfants.

On ne parle pas ici de réviser le cursus pédagogique, mais plutôt d'imaginer des lieux d'éducation plus accueillants, plus conviviaux, qui prédisposeront mieux l'élève à apprendre.

Les trois personnalités sillonnent actuellement les routes du Québec, rencontrant des professeurs, des élèves et des enseignants, pour alimenter leur réflexion.

Ils proposeront ensuite au ministère leur idée de l'«école-modèle», qui servira de référence lors de la rénovation ou la construction de cinq ou six écoles dans les années à venir.

Ce sont ces quelques écoles qui serviront de laboratoires, indiquant la voie à suivre quant aux types d'améliorations à implanter éventuellement dans les écoles du Québec dans l'avenir, tant celles à construire que celles à rénover.

D'ici là, chacune des personnalités animera un «chantier» dans son champ d'expertise. Ricardo Larivée dirigera celui de l'alimentation à l'école, Pierre Lavoie supervisera celui des saines habitudes de vie et de l'activité physique, tandis que Pierre Thibault devra imaginer les concepts architecturaux propres à transformer les écoles primaires et secondaires en «milieux de vie» inspirants.

L'annonce officielle du projet de Lab-École, une idée lancée au printemps, a été faite mardi en conférence de presse, dans une école secondaire de Québec, en présence du ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx.

Comme son nom l'indique, le projet est présenté comme un laboratoire. Il n'engage donc aucunement le ministre de l'Éducation à y donner suite.

En principe, dans un monde idéal, les travaux autour du Lab-École devraient cependant servir à modifier les directives et les normes relatives à la construction, l'agrandissement ou la rénovation des bâtiments scolaires.

Le projet s'étirera donc sur quelques années. Les nouvelles écoles-laboratoires ne verront pas le jour avant septembre 2021 et elles devront faire l'objet d'une évaluation, avant de servir de modèle à d'autres.

Le projet bénéficie d'un budget de 3 millions $ sur deux ans. Mais les trois personnalités recrutées ne sont pas rémunérées pour leur travail, et ne pourront pas tirer un profit personnel de l'opération.

"Ils veulent redonner à la société. Ils ne veulent pas faire une occasion d'affaires", a précisé le ministre Proulx, qui qualifie les trois recrues de "catalyseurs" et de "rassembleurs".

Le chef bien connu Ricardo Larrivée a rappelé que les enfants passaient plusieurs heures par jour à l'école et qu'ils devaient apprendre à bien s'alimenter.

"C'est la base d'une société, a-t-il fait valoir. Il faut savoir s'alimenter. C'est la santé. Les enfants passent de huit à 12 heures

à l'école, maintenant, par jour. Est-ce que nous, comme adultes, on passerait de huit à 12 heures dans un environnement qui des fois ressemble plus à une prison qu'à un lieu d'épanouissement?"

Verra-t-on la fin des cafétérias? Les écoles auront-elles leur potager? Va-t-on revoir la configuration des classes, la taille des gymnases? Pour l'instant, toutes les hypothèses sont permises, toutes les idées bienvenues.

"Le but, c'est de créer le meilleur milieu de vie" à l'école, a résumé l'architecte Pierre Thibault.

"Ce qu'on veut c'est que partout l'élève soit en situation d'apprentissage, de réussite, dans le plaisir, et surtout dans la sécurité et la santé. C'est pas que la classe qui doit être revue, c'est pas que le gymnase qui doit être revu, c'est l'environnement qui doit devenir ce qu'il y a de plus beau et de plus stimulant", a commenté le ministre Sébastien Proulx.

Opération de relations publiques?

Quant à eux, les syndicats d'enseignants n'apprécient pas du tout l'initiative, frustrés de voir des gens n'ayant aucune expertise pédagogique reconnue se voir confier un tel mandat.

Le Lab-École est ainsi réduit à une simple "opération de relations publiques", aux yeux de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), une opération politique n'améliorant d'aucune façon la vie dans les écoles à court terme, selon elle.

"Un architecte, un athlète et un chef cuisinier ne s'y connaissent pas en pédagogie", a tranché le président de la FAE, Sylvain Mallette, qui refuse de cautionner le projet.