POLITIQUE

Ottawa: débat sur un projet de loi conservateur pour assouplir le port d'armes

Deux jours après la tuerie qui a fait 26 victimes dans une église du Texas, les députés de la Chambre des communes débattront d'un projet de loi conservateur.

07/11/2017 13:38 EST | Actualisé 07/11/2017 13:38 EST
Chariyaj via Getty Images

Deux jours après la tuerie qui a fait 26 victimes dans une église du Texas, les députés de la Chambre des communes débattront d'un projet de loi conservateur visant à assouplir le cadre réglementaire pour la possession d'armes à feu au Canada.

Le projet de loi C-346 propose de modifier la Loi sur les armes à feu afin de «rendre valides à vie certains permis d'armes à feu», et de mettre à jour les informations pour une demande de renouvellement de permis aux dix ans plutôt qu'aux cinq ans.

La mesure législative d'initiative parlementaire parrainée par le député conservateur Bob Zimmer a été déposée en première lecture au mois d'avril dernier. Le débat en deuxième lecture reprendra mardi après-midi, selon ce qui est prévu à l'ordre du jour.

Si le moment où survient le débat — en fonction d'un calendrier qui a été déterminé avant la tuerie texane — est effectivement particulier, il n'y a jamais vraiment de bon moment de débattre d'une question aussi délicate, a suggéré en entrevue le député néo-démocrate Matthew Dubé.

«C'est certain qu'il n'y a jamais de moment idéal; c'est un enjeu qui soulève beaucoup d'émotions», a laissé tomber en entrevue téléphonique le porte-parole du parti en matière de sécurité publique­.

«On sait, par les débats qu'il y a eu dans le passé, il y a eu malheureusement de la politique très divisive qui a été faite sur cet enjeu», a ajouté M. Dubé, qui est en désaccord avec les mesures mises de l'avant dans C-346, car celles-ci «ne vont pas assurer la sécurité publique».

Le projet de loi émane du même député de la Colombie-Britannique qui avait déposé, en mai 2016, une pétition signée par plus de 25 000 personnes réclamant la déclassification d'un fusil d'assaut semblable à celui qui a été utilisé dans la tuerie d'Orlando.

La pétition en question avait été présentée environ un mois avant le massacre, mais elle a attiré l'attention des journalistes vu le drame qui s'est joué à Orlando le 12 juin 2016. Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, y avait rapidement opposé une fin de non-recevoir.

La plus récente fusillade de masse à avoir éclaté aux États-Unis est survenue dimanche dans une église baptiste de Sutherland Springs, au Texas. Le tireur a fait des victimes âgées de 18 mois à 77 ans lorsqu'il a ouvert le feu avec un fusil d'assaut en avançant dans l'allée centrale.

Il avait pu se procurer ses armes puisque l'armée de l'air avait omis de rapporter sa condamnation pour violence conjugale dans la base de données fédérale utilisée pour mener des vérifications d'antécédents de clients, selon ce qu'ont indiqué les autorités texanes.

Le premier ministre Justin Trudeau a offert lundi en Chambre ses condoléances aux familles et aux proches des victimes et souhaité un prompt rétablissement à toutes les personnes qui ont été blessées.

«Qu'une tuerie pareille ait pu se produire dans un lieu de culte, où les fidèles auraient dû se sentir en sécurité, est consternant. Les États-Unis peuvent compter sur le Canada pendant cette période difficile», a-t-il déclaré.