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La fin du festival Juste pour rire?

La question se pose avec la création du Festival du rire de Montréal.

07/11/2017 14:50 EST | Actualisé 07/11/2017 15:21 EST

Le nouveau Festival du rire de Montréal, auquel doivent participer de grands noms de l'humour comme Jean-Michel Anctil, François Bellefeuille, Lise Dion, Cathy Gauthier, Jean-Thomas Jobin, Anthony Kavanagh et Laurent Paquin, sonnera-t-il le glas du Festival Juste pour rire, prévu pour juillet 2018?

Pour Réal Béland, si les humoristes se sont regroupés pour créer un autre festival, c'est parce qu'ils ne veulent plus faire partie de Juste pour rire.

"Par contre, si cette compagnie-là voulait faire un festival, on ne peut pas l'en empêcher...", a-t-il ajouté.

François Brouard, un professeur titulaire de comptabilité et fiscalité de l'Université Carlton qui dirige un groupe de recherche sur l'industrie de l'humour, voit aussi la création du Festival du rire de Montréal comme une bien mauvaise nouvelle pour le Festival Juste pour rire et pour le Groupe Juste pour rire, qui est à vendre.

En tout cas, si j'étais un acheteur, je me poserais des questions.François Brouard

Selon le professeur, le Groupe Juste pour rire devra maintenant mettre l'accent sur ce qu'il a à offrir à l'extérieur du festival - par exemple l'ensemble de ses contrats, ses contacts ou des produits comme l'émission "Les gags" - s'il veut attirer des acheteurs.

Un festival plus éthique

Par communiqué, Martin Petit affirme que le regroupement des humoristes pour la création du nouveau festival "se fait autour de valeurs importantes, des valeurs de gestion éthique, de responsabilité sociale et d'équité salariale".

"Le respect des artisans, des artistes et du public est au coeur de la mission du Festival du rire de Montréal", indique-t-il.

"On s'est dit, entre nous autres, qu'on allait être le milieu le plus vigilant à partir d'aujourd'hui. Nous, les humoristes, on s'est tous regardés et on s'est dit: "Nous autres, les femmes, on va les défendre". Et aussi les hommes qui se font abuser, et pas juste sexuellement, confie Réal Béland. Il y a tellement eu de manipulations, et dans tous les domaines, mais là on va surveiller le nôtre."

Pour l'humoriste, la clé, pour mettre fin aux comportements inacceptables, est de "se parler" et d'"ouvrir les yeux".

S'entourer de gens d'expérience

Béland n'a pas caché que le groupe souhaitait s'entourer de gens d'expérience - notamment des employés ayant oeuvré au sein du Groupe Juste pour rire - pour monter le festival.

"Juste pour rire, il faut bien comprendre que c'était une personne, c'était Gilbert Rozon (...). Juste pour rire, c'est un nom pour moi qui ne peut plus exister pour les humoristes, parce que le nom n'est plus respectable. On n'a plus le goût d'aller vers Juste pour rire, mais tout le reste, à part les gens qui sont directement liés à Rozon, tout le reste pour moi, ne peut pas tomber. Au contraire, ce sont du monde qui ont du talent, qui sont en place et qu'on ne peut jamais laisser tomber", a-t-il lancé.

Le regroupement d'une cinquantaine d'humoristes désignera bientôt un conseil d'administration ainsi qu'une direction générale, dont la tâche sera de superviser la création du festival "en toute transparence".

Réal Béland souligne que plus de détails seront révélés dans les prochains jours, mais il assure que le groupe d'humoristes est "très soutenu".

Le Festival du rire de Montréal souligne d'ailleurs que les gouvernements du Québec et du Canada et "des partenaires financiers crédibles" ont déjà manifesté leur intérêt envers la démarche.

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