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Près de 500 signalements d'agressions sexuelles en trois semaines à Montréal

Suite aux nombreux témoignages publiés dans les médias, le directeur de la police de Montréal, Philippe Pichet, avait encouragé les victimes à porter plainte auprès de ses service.

06/11/2017 17:11 EST | Actualisé 06/11/2017 17:11 EST
Peerayot via Getty Images

La police de Montréal a reçu 463 appels en moins de trois semaines sur sa ligne téléphonique dédiée au harcèlement sexuel mise en place suite aux retombées de l'affaire Harvey Weinstein, selon un communiqué publié lundi.

Parmi ces dénonciations, "98 appels ont résulté en ouvertures de dossiers d'agressions sexuelles", indique le Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Suite aux révélations de violences et de harcèlement sexuels concernant Harvey Weinstein, l'un des producteurs les plus puissants de Hollywood, une vague de dénonciation et de solidarité sur les réseaux sociaux a pris de l'ampleur, y compris au Canada.

Des témoignages publiés le mois dernier par les quotidiens montréalais La Presse et Le Devoir avaient mis en cause deux vedettes du milieu artistique, l'animateur Eric Salvail et le fondateur du groupe Juste pour Rire, Gilbert Rozon.

Ces témoignages de harcèlement et d'agressions sexuelles présumés avaient provoqué un tremblement de terre dans le monde du show business québécois et avaient amené l'animatrice et productrice Julie Snyder, autre victime présumée de Gilbert Rozon, à porter plainte contre lui.

Les deux hommes avaient immédiatement abandonné leurs fonctions et deux télévisions françaises avaient déprogrammé des émissions dans lesquelles était impliqué Gilbert Rozon.

Face à l'ampleur de la situation, la police de Montréal avait décidé de mettre en place une ligne téléphonique, invitant les personnes victimes d'inconduite sexuelle à en informer la police.

"Le récent mouvement de dénonciations d'agressions sexuelles et, plus largement, d'actes à caractère sexuel a pris énormément d'ampleur" à Montréal en octobre, a indiqué la police montréalaise, qui a cependant annoncé la suspension lundi de cette ligne téléphonique spéciale suite à "une importante baisse" des appels depuis la semaine dernière.

Suite aux nombreux témoignages publiés dans les médias, le directeur de la police de Montréal, Philippe Pichet, avait encouragé les victimes à porter plainte auprès de ses services, les assurant sur Twitter qu'elles seraient traitées "avec le plus grand professionnalisme", un appel suivi du mot-dièse #MoiAussi.

Ce mot-dièse et son équivalent #MeToo, en anglais, est devenu sur les réseaux sociaux le cri de ralliement de centaines de femmes victimes d'abus sexuels et décidées à rompre le silence dans la foulée de l'affaire Harvey Weinstein.

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