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«On y va»: deux Texans ordinaires à la poursuite du tueur de Sutherland Springs

«Je voulais le suivre pour être sûr qu'il soit arrêté.» - Johnnie Langendorff

06/11/2017 16:28 EST | Actualisé 06/11/2017 16:28 EST
Scott Olson via Getty Images
Des policiers ont déposé des gerbes de fleurs près de la barricade autour de la First Baptist Church au lendemain de la fusillade qui a fait 26 morts dimanche, à Sutherland Springs, au Texas.

L'un faisait la sieste, l'autre son plein d'essence: deux "bons samaritains" du Texas ont pris tous les risques pour pourchasser Devin Patrick Kelley, auteur dimanche de l'une des plus meurtrières tueries de l'histoire moderne aux Etats-Unis.

En cette fin de matinée, Johnnie Langendorff quitte la station service située à une centaine de mètres de la First Baptist Church de Sutherland Springs, un hameau rural de 400 habitants près de San Antonio. Au volant de son pick-up, il aperçoit un homme sortir du lieu de culte.

Un ex-caporal de 26 ans, exclu de l'armée en 2012 pour violence conjugales, vient d'ouvrir le feu avec un fusil semi-automatique AR-15 sur les fidèles, faisant 26 morts et au moins 20 blessés, la pire tuerie de l'histoire de cet Etat du Sud.

Au même moment, Stephen Willeford, sort de sa maison de l'autre côté de la route et court en direction du tireur. Le plombier, âgé de 55 ans, a été averti par sa fille qu'un homme en gilet pare-balles tire dans l'église. Lui aussi armé d'un AR-15, il n'a pas pris le temps de mettre ses chaussures.

"Il faisait juste la sieste quand il a entendu les coups de feu et a réagi", raconte sur CNN Johnnie Langendorff, 27 ans.

Un échange de coups de feu dure quelques secondes. Willeford blesse l'assaillant qui laisse tomber son arme mais réussit à s'enfuir au volant de son SUV blanc.

"Le monsieur avec le fusil a retraversé la rue, ouvert ma portière en disant «il vient de tirer dans l'église, il faut qu'on le pourchasse». Et j'ai dit «on y va»", explique le jeune homme, coiffé d'un chapeau texan et qui arbore un tatouage de tête de vache sur la gorge.

'On chasse les méchants'

Les deux hommes s'engagent alors dans une folle course-poursuite sur la route 539. Langendorff pousse son pick-up jusqu'à 150 km/h tandis que son passager tire sur le fuyard, touchant la lunette arrière qui vole en éclat.

"J'aime bien conduire, et si je peux éviter des amendes en roulant vite...", dit-il en souriant.

"Je voulais le suivre pour être sûr qu'il soit arrêté", ajoute Johnnie Langendorff plus sérieusement, "parce que c'est ce qu'on fait, on chasse les méchants".

La poursuite dure "dix à douze minutes", jusqu'à ce que le fuyard perde le contrôle de son véhicule qui termine sa course dans un champ au bord de la route.

Quand il arrive sur les lieux, "le monsieur qui était avec moi est sorti et l'a mis (le tireur) en joue en posant son fusil sur mon capot et lui a dit de sortir", poursuit Langendorff. Mais Kelley ne bronche pas.

"J'étais terrifié pendant que tout ça se passait", a expliqué lundi Stephen Willeford au quotidien Dallas Morning News, ajoutant qu'il avait "des amis dans cette église". Pour la police locale, Stephen Willeford est un "bon samaritain, un héros du Texas".

Selon les autorités, Devin Patrick Kelley a passé lors de sa fuite un appel téléphonique à son père pour lui dire qu'il était blessé et ne s'en sortirait probablement pas, avant de se suicider par balle.

Un "différend familial" pourrait être à l'origine de la tuerie et la belle-mère de l'assaillant fréquentait cette église. Mais elle n'assistait pas à l'office ce dimanche.

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