DIVERTISSEMENT

Le prix Goncourt décerné à Eric Vuillard pour «L'ordre du jour»

Le prix Renaudot a pour sa part été attribué à Olivier Guez.

06/11/2017 07:14 EST | Actualisé 06/11/2017 08:58 EST

Le prix Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, a été décerné lundi à Eric Vuillard pour "L'ordre du jour", a annoncé le jury présidé par Bernard Pivot.

Le prix Renaudot a pour sa part été attribué à Olivier Guez pour "La disparition de Josef Mengele", a annoncé Frédéric Beigbeder.

"L'ordre du jour" (Actes Sud) est un récit saisissant sur l'arrivée au pouvoir d'Hitler, l'Anschluss et le soutien sans faille des industriels allemands à la machine de guerre nazie.

"On est toujours surpris, fatalement. Ca me fait extrêmement plaisir", a réagi Eric Vuillard, qui succède à Leïla Slimani au palmarès.

Des quatre finalistes du Goncourt, l'auteur de 49 ans était le seul auteur dont le livre n'est pas sorti lors de la rentrée d'automne mais au printemps.

"L'ordre du jour" s'est imposé au 3e tour de scrutin, par 6 voix contre 4 à "Bakhita" de Véronique Olmi. Les deux autres auteurs en lice étaient Alice Zeniter pour "L'art de perdre" et Yannick Haenel pour "Tiens ta couronne".

Eric Vuillard a une façon unique de se glisser dans les coulisses de l'Histoire pour donner à ses lecteurs une autre grille de lecture d'événements a priori archi-connus.

Après la chute de l'empire Inca ("Conquistadors", 2009), la conquête coloniale ("Congo", 2012) et la Révolution française ("14 juillet", 2016), "L'ordre du jour" est l'occasion de revisiter l'arrivée au pouvoir des nazis.

Orfèvre en écriture, l'auteur a choisi de raconter l'Histoire en insistant sur les détails. Une hérésie ? Sûrement pas ! "La vérité est dispersée dans toute sorte de poussière", écrit-il. En seulement 160 pages, l'écrivain au regard scrupuleux - rien n'est inventé, tout est vrai - embrasse de façon magistrale cette tragédie européenne du XXe siècle. Il prouve que l'histoire est toujours une autre manière de regarder le présent.

Lauréat du prix Renaudot, "La disparition de Josef Mengele" (Grasset) est un roman hallucinant mais vrai sur les dernières années du médecin tortionnaire d'Auschwitz, Josef Mengele.

Pour parler du docteur Mengele, un "sale type", connu pour ses expériences sur les jumeaux qu'il sélectionnait sur la rampe des chambres à gaz, "il n'était pas question de faire de la métaphore", confiait récemment à l'AFP l'écrivain et scénariste âgé de 43 ans.

Trois ans d'écriture et de recherches, notamment au Brésil - où Guez a retrouvé la ferme où Mengele s'était terré -, ont été nécessaires pour aboutir à "La disparition de Josef Mengele".

Se coltiner "personnage abject et médiocre" n'a pas été une sinécure. "Ça a été compliqué de cohabiter avec Mengele. Mais à un moment il faut monter sur le ring. L'affronter".

Olivier Guez, qui succède à Yasmina Reza, s'est imposé après six tours de scrutin.

Enfin, le prix Renaudot Essai a été décerné à Justine Augier pour "De l'ardeur" (Actes Sud).