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Héroux-Devtek voit d'un bon oeil l'alliance entre Airbus et Bombardier

«Je crois que cela pourrait être particulièrement positif pour les chaînes d'approvisionnement du Québec et du Canada de desservir Airbus», a-t-il affirmé.

06/11/2017 15:39 EST | Actualisé 06/11/2017 15:39 EST
Regis Duvignau / Reuters

Héroux-Devtek, un fournisseur de trains d'atterrissage pour Boeing, voit d'un bon oeil le partenariat conclu entre Airbus et Bombardier permettant au géant européen d'être l'actionnaire majoritaire de la C Series.

En discutant des résultats du deuxième trimestre dans le cadre d'une conférence téléphonique, lundi, le président et chef de la direction de la société de Longueuil, Gilles Labbé, a expliqué que l'impact serait positif à «moyen et long terme».

«Je crois que cela pourrait être particulièrement positif pour les chaînes d'approvisionnement du Québec et du Canada de desservir Airbus», a-t-il répondu à la suite d'une question posée par un analyste financier.

M. Labbé n'est toutefois pas allé jusqu'à s'avancer sur les types d'ententes qui pourraient éventuellement être décrochées par des fournisseurs locaux auprès d'Airbus.

Le mois dernier, le rival européen de Boeing a conclu une entente avec Bombardier lui permettant de mettre la main sur une participation de 50,01 pour cent dans le programme de la C Series.

Dans le cadre de l'entente, le Canada deviendra la «cinquième patrie» d'Airbus — et sa première à l'extérieur de l'Europe — et une deuxième ligne d'assemblage destinée aux clients américains de la C Series devrait voir le jour aux installations du géant européen situées à Mobile, en Alabama.

Par ailleurs, M. Labbé ne croit pas que le contexte découlant de la dispute commerciale entre Bombardier et Boeing à propos de la C Series incitera le géant américain à réduire son empreinte au Canada.

En raison de la plainte déposée par l'avionneur américain, le gouvernement Trudeau a notamment menacé d'annuler l'achat de 18 avions de chasse Boeing Super Hornet pour remplacer une partie de sa flotte de CF-18 vieillissants.

«Je ne crois pas qu'ils vont changer leurs façons de faire malgré les circonstances actuelles, a dit M. Labbé. Le Canada fait partie de leur chaîne d'approvisionnement alors je crois que c'est positif. Nous avons besoin d'un client comme cela (au) Canada.»

Boeing est l'un des plus importants clients de Héroux-Devtek, qui est l'unique fournisseur des trains d'atterrissage des avions de ligne 777 et 777X, en plus d'être responsable de la fabrication de pièces de rechange vendues par l'avionneur américain.

La société établie à Chicago compte plus de 2000 employés au pays et affirme y investir annuellement plus de 4 milliards $ US.

En ce qui a trait au deuxième trimestre terminé le 30 septembre, Héroux-Devtek a engrangé un bénéfice net de 3,2 millions $ ou neuf cents par action, comparativement à 9,5 millions $ ou 26 cents par action il y a un an.

Selon l'entreprise, cette baisse du bénéfice net est en partie attribuable à des coûts plus élevés dans ses sites manufacturiers liés au contrat du 777 avec Boeing.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice du spécialiste des trains d'atterrissage s'est chiffré à 4,1 millions $ ou 11 cents par action, en recul par rapport à 5,7 millions $ ou 16 cents par action au deuxième trimestre l'an dernier.

De leur côté, les ventes ont également glissé, passant de 91,6 millions $ à 89,7 millions $.

Héroux-Devtek a élargi sa présence en Europe le mois dernier dans le cadre de sa plus importante acquisition en mettant la main sur une filiale d'Airbus en Espagne pour près de 205 millions $ CAN.

Derek Spronck, de RBC Marchés des capitaux, a qualifié le deuxième trimestre de «positif», soulignant que la société anticipait une deuxième moitié d'exercice plus vigoureuse.

«Au cours des deux prochaines années, nous entrevoyons un élan au chapitre de l'exécution et de la (performance) financière», a écrit l'analyste dans un rapport.

M. Spronck estime que l'accélération des programmes des avions 777 et 777X ainsi que l'implication de Héroux-Devtek dans l'avion d'affaires 450/500 d'Embraer représentaient un «le début d'un point d'inflexion» au chapitre de la croissance des bénéfices.

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