POLITIQUE

Jean Chrétien et Stephen Bronfman se défendent d'avoir fait de l'évitement fiscal

M. Bronfman et la société d'investissement appartenant à sa famille, Claridge inc., seraient liés à une fiducie dans les îles Caïmans.

06/11/2017 13:57 EST | Actualisé 06/11/2017 15:31 EST
Bloomberg via Getty Images

L'ex-premier ministre Jean Chrétien dément les informations contenues dans les documents, désormais appelés Paradise Papers, selon lesquelles il aurait détenu 100 000 options d'achats de Madagascar Oil Limited. Cette société serait enregistrée dans les Bermudes, selon CBC/Radio-Canada.

«Tout reportage qui suggère que j'ai, que j'ai eu ou que j'ai été associé de quelque façon que ce soit avec un compte offshore est faux», a-t-il déclaré dans un court communiqué.

M. Chrétien reconnaît avoir travaillé pour Madasgascar Oil en tant qu'avocat chez Heenan Blaikie. «Je n'ai jamais reçu d'options sur actions et je n'ai jamais eu un compte de banque en dehors du Canada», conclut-il.

Dans un communiqué diffusé lundi, Stephen Bronfman, qui fait face à des allégations d'évitement fiscal, écrit n'avoir «jamais financé ni utilisé de fiducies offshore». Il admet toutefois avoir fait un prêt commercial à la fiducie Kolber il y a plus de 25 ans remboursé en cinq mois et qui était conforme «à toutes les exigences légales, y compris en matière fiscale».

M. Bronfman et la société d'investissement appartenant à sa famille, Claridge inc., seraient liés à une fiducie dans les îles Caïmans qui se servirait de moyens douteux pour éviter de verser des millions de dollars à l'impôt, selon le Toronto Star et CBC/Radio Canada.

Ces deux médias font partie du Consortium international des journalistes d'investigation qui a obtenu quelque 13,4 millions de documents indiquant comment des personnes riches - dont plus de 3000 Canadiens - s'y prennent pour cacher leur argent dans des comptes à l'étranger pour éviter de payer de l'impôt.

Justin Trudeau refuse de se prononcer sur le cas Bronfman

Le premier ministre Justin Trudeau s'est gardé lundi de commenter les allégations qui pèsent sur son ami Stephen Bronfman, le responsable de la collecte de fonds du Parti libéral du Canada (PLC).

Talonné par les conservateurs et les néo-démocrates lors de la période des questions, M. Trudeau a répondu qu'il allait laissé les personnes touchées par la fuite de documents Paradise Papers commenter leur propre situation.

Il avait évité de répondre aux questions des journalistes à ce sujet quelques minutes auparavant.

Le chef conservateur Andrew Scheer a accusé le premier ministre de cibler la classe moyenne avec sa réforme fiscale tout en évitant à ses amis d'éviter de payer de l'impôt au Canada.

"Si les libéraux ne font rien dans la lutte contre les paradis fiscaux, est-ce que ce ne serait pas parce qu'ils protègent la famille libérale?", a pour sa part demandé le porte-parole néo-démocrate en matière de finances, Alexandre Boulerice.

M. Trudeau a indiqué que l'Agence canadienne du revenu (ARC) "examine tous les liens avec des entités canadiennes" et qu'elle prendra "toutes les mesures concernant les Paradise Papers".

Plus tôt dans la journée, la ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier et son collègue à la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, avaient également refusé de se prononcer sur "un cas particulier".

M. Trudeau a indiqué que l'Agence canadienne du revenu (ARC) "examine tous les liens avec des entités canadiennes" et qu'elle prendra "toutes les mesures concernant les Paradise Papers".

Mme Lebouthillier, quant à elle, a répété que l'ARC était sur le point de récupérer 25 milliards $ dans sa lutte contre l'évasion et l'évitement fiscal.

Le député conservateur Alain Rayes a dénoncé l'incohérence du gouvernement Trudeau qui dit s'attaquer «au 1 pour cent des plus riches et aux paradis fiscaux» tout en ciblant les petites et moyennes entreprises avec sa réforme fiscale.