POLITIQUE

Denis Coderre quitte la vie politique municipale

«Je pars la tête haute. Montréal est une ville qui fait l'envie du monde»

05/11/2017 22:51 EST | Actualisé 06/11/2017 00:52 EST

Denis Coderre a annoncé dimanche soir qu'il quitte la vie politique municipale à la suite de sa défaite électorale aux mains de Valérie Plante.

Les mines étaient bien basses dimanche à L'Olympia de Montréal , lieu choisi pour le rassemblement électoral de M. Coderre. Plusieurs larmes ont été versées. Certains candidats n'étaient pas prêts à réagir aux résultats.

«Je pars la tête haute. Montréal est une ville qui fait l'envie du monde», a dit M. Coderre lors de son discours de départ.

«Nous avons pris des décisions qui étaient plus que nécessaires. Si aujourd'hui on a des indicateurs qui sont dans le vert et que des gens veulent venir à Montréal, c'est parce qu'on a redonné à Montréal ses lettres de noblesse», a-t-il dit.

Déception à la soirée électorale de Denis Coderre

Concernant les nombreux chantiers entamés sous son administration, M. Coderre ne regrette rien.

«Ces cônes oranges d'aujourd'hui étaient le début du Montréal de demain», a-t-il dit.

M. Coderre n'a pas offert de réflexions sur les raisons de sa défaite. Une conférence de presse à cet effet aura lieu mercredi.

De nombreux coéquipiers tombent

La défaite est sans équivoque. Plusieurs des candidats vedettes de M. Coderre ont mordu la poussière, y compris Harout Chitilian, qui aurait été son président du comité exécutif. Scott McKay, ex-chef du Parti vert qui a déjà été le plus jeune conseiller municipal de Montréal dans une autre vie, n'a pas réussi à se tailler une place dans Rosemont-La Petite-Patrie. Le jeune entrepreneur Zach Macklovitch n'a pas ébranlé le château-fort de Luc Ferrandez dans le Plateau-Mont-Royal. Au contraire, M. Ferrandez a augmenté sa majorité de 51% à 65%.

Réal Ménard, responsable de l'environnement et des grands parcs, a perdu son poste dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, tout comme la responsable de la sécurité publique Anie Samson dans Villeray-Saint-Michel-Park Extension. Dans Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, le responsable de l'habitation Russell Copeman perd la mairie d'arrondissement.

Maigre consolation pour M. Coderre, Hadrien Parizeau, petit-fils de feu Jacques Parizeau, fait son entrée en politique active. Il sera conseiller de ville dans le district Saint-Sulpice.

Un important héritage

Denis Coderre n'aura été maire que quatre ans. N'empêche, ses compagnons d'armes estiment qu'il laisse un important héritage à la métropole grâce aux nombreux projets entamés.

«Je pense que le maire Coderre va laisser aux Montréalais un excellent bilan. Nous avons pris des décisions difficiles. Le maire a été extrêmement présent sur la scène internationale. Mais la population a parlé», a dit le maire sortant de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve Réal Ménard, retenant des larmes par moments.

Chose certaine, M. Coderre laisse derrière lui une ville qui est bien différente de ce qu'elle était en 2013. Inspecteur général, statut de métropole, réforme du financement des arrondissements, legs du 375e : les projets ont refaçonné non seulement le territoire physique, mais aussi la gouvernance de la Ville.

Linda Gauthier, militante pour les personnes handicapées devenue candidate dans le Plateau-Mont-Royal, avait des mots plutôt durs pour ses adversaires de Projet Montréal.

«Malheureusement, les Montréalais ont cru aux promesses de Projet Montréal, dont plusieurs étaient irréalisables. Les Montréalais ont été bernés à plusieurs reprises», lance-t-elle.

La transparence et le style autoritaire de M. Coderre sont venus le hanter pendant la campagne. La plupart des candidats rencontrés par le HuffPost Québec n'ont toutefois pas souhaité s'aventurer sur ce terrain.

«On va faire un post-mortem pour voir ce qui s'est passé», dit simplement M. Ménard.

Denis Coderre est le premier maire à perdre une élection après seulement un mandat depuis Sarto Fournier, battu par Jean Drapeau en 1960.