POLITIQUE

Pierre Moreau assure qu'il reste loyal à Philippe Couillard

Et il l'a répété trois fois plutôt qu'une!

02/11/2017 10:14 EDT | Actualisé 02/11/2017 10:45 EDT

Le ministre Pierre Moreau a senti le besoin, jeudi, de réaffirmer sa loyauté indéfectible envers son chef, le premier ministre Philippe Couillard.

La veille, la colline parlementaire s'agitait de spéculations et de rumeurs quant à l'interprétation qu'il fallait donner à sa bravade spectaculaire contre le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon.

Mercredi, lors d'un vote en Chambre sur une motion d'appui à M. Chagnon, présentée par l'opposition péquiste, M. Moreau a fait bande à part, choisissant de s'abstenir de voter, alors que tous les parlementaires, incluant tout le caucus libéral et le premier ministre Couillard ont appuyé la motion.

En enregistrant sa dissidence, M. Moreau se plaçait déjà en marge de son équipe et de son chef, et il en a rajouté par la suite lors d'un long point de presse durant lequel il a critiqué durement le président Chagnon pour ses déclarations dans l'affaire Guy Ouellette, alors que tous ses collègues, au contraire, l'encensaient.

Durant la mêlée de presse, un journaliste lui a demandé s'il s'agissait du geste d'un "dauphin", une question à laquelle le ministre, visiblement contrarié, n'a pas répondu.

M. Moreau était un des rivaux de M. Couillard, durant la course au leadership du Parti libéral du Québec (PLQ), en 2012-2013.

"Toute analyse qui supposerait des desseins obliques ou des campagnes larvées sont totalement, totalement erronées", a commenté le ministre des Ressources naturelles, jeudi matin, cherchant à calmer le jeu.

"J'ai toujours été loyal au chef, je suis loyal au chef, et je vais rester loyal à M. Couillard. C'est dans mon ADN d'être comme ça", a insisté le ministre, qui devait répéter sa profession de foi devant ses collègues du caucus.

Mardi, dans une sortie d'une rare virulence, M. Chagnon avait déploré que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ait arrêté le député libéral Guy Ouellette sans qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui une semaine plus tard.

L'UPAC doit "accuser ou s'excuser", avait-il tranché, avant d'être longuement ovationné par les élus.

"Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un discours historique", avait laissé tomber M. Moreau mercredi, justifiant ainsi son refus d'appuyer la motion.

"Ça fait un bon clip ça, de dire "accuser ou excuser", ça fait un bon clip, mais ce n'est pas conforme au fonctionnement de notre système de justice, et moi pour les droits des individus, je ne peux pas penser que l'on salue cette approche-là", avait-il ajouté devant les journalistes.

Jeudi, il a maintenu sa position relative aux propos de M. Chagnon.

La veille, cet avocat de formation avait soutenu qu'on ne pouvait pas demander à l'UPAC de porter des accusations contre Guy Ouellette, puisque ce n'est pas à elle de le faire, mais plutôt au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Rappelons que M. Ouellette a été arrêté mercredi dernier à la suite de fuites d'éléments d'enquête de l'UPAC. Il ne fait face à aucune accusation pour l'instant.

L'enquête Mâchurer de l'UPAC porte sur le financement possiblement illégal du Parti libéral du Québec (PLQ), à l'époque où Jean Charest en était le chef.

M. Ouellette a affirmé qu'il n'était pas l'auteur de ces fuites, alléguant que les soupçons de l'UPAC à son endroit étaient "sans fondement".

Le président de l'Assemblée nationale avait aussi affirmé que la situation, digne d'une "dérive totalitaire", était intenable dans un pays démocratique.