POLITIQUE

Le PQ exigerait un niveau de français intermédiaire aux immigrants économiques

Le parti souhaite aussi imposer une épreuve uniforme de français dans tous les cégeps.

02/11/2017 14:55 EDT | Actualisé 02/11/2017 16:24 EDT
Paul Chiasson/PC
Les députés Carole Poirier et Maka Kotto en compagnie du chef du Parti québécois Jean-François Lisée

S'il est porté au pouvoir l'an prochain, le Parti québécois (PQ) promet d'être plus sélectif dans l'accueil des immigrants. Le parti souverainiste exigera notamment la connaissance du français de niveau intermédiaire à tout nouveau immigrant économique.

Il compte également instituer une épreuve uniforme de français dans tous les cégeps, que l'établissement soit de langue française ou anglaise.

La députée péquiste d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, a présenté le projet de loi 998 à l'Assemblée nationale jeudi.

La pièce législative vise à faciliter l'accès au marché du travail pour les minorités visibles, et repose sur trois axes: l'intégration et la francisation, la lutte contre la discrimination et celle contre l'analphabétisme.

Mme Poirier avait déjà fait 20 propositions en ce sens lors d'une conférence de presse à Montréal, en février dernier.

Trop d'immigrants n'ont toujours pas de travail à la hauteur de leurs compétences, selon la députée.

C'est pourquoi elle interdirait aux employeurs d'exiger d'un candidat qu'il ait de l'expérience de travail "canadienne", une pratique encore bien en vigueur dans la plupart des domaines, selon Mme Poirier, et qui disqualifie des candidats ayant pourtant une vaste expérience à l'étranger.

Le PQ proposerait d'ailleurs un projet pilote de curriculum vitae anonyme dans la fonction publique.

"C'est une mesure concrète qui peut être, demain matin, installée à partir de l'adoption du projet de loi et qui favoriserait justement la lutte contre la discrimination à l'emploi", a déclaré Mme Poirier en point de presse.

Le projet de loi 998 élargirait également l'obligation pour tous les organismes publics d'adopter des programmes d'accès à l'emploi, et imposerait aux conseils d'administration des sociétés d'État qu'ils soient composés d'au moins un membre sur six provenant de minorités visibles.

Selon les chiffres avancés par le PQ, seulement 38 personnes sur 6000 à la Société des alcools du Québec, et 312 sur 20 000 chez Hydro-Québec, proviennent de la diversité.

Hydro-Québec a plus tard démenti les données du PQ: la société d'État emploie dans les faits 903 personnes provenant des minorités visibles.

"Il nous manquerait 25 000 employés au Québec issus de la diversité pour avoir des données qui feraient en sorte qu'on se respecte dans ce beau Québec", a ajouté Mme Poirier.

Le PQ soumettrait aussi les entreprises de 25 employés et plus à la Charte de la langue française ainsi que toutes les entreprises à charte fédérale.

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