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Baisse des tarifs sur les exportations de bois d'oeuvre aux États-Unis, sauf pour Produits forestiers Résolu et J.D. Irving

Washington indique que la majorité des producteurs seront frappés de droits combinés de 20,83 pour cent au lieu de 26,75 %.

02/11/2017 11:53 EDT | Actualisé 02/11/2017 13:53 EDT
Getty Images/iStockphoto

L'industrie canadienne du bois d'oeuvre n'aura qu'un léger répit dans le cadre du litige en cours avec les États-Unis puisque Washington n'abaisse que légèrement les tarifs punitifs imposés à la frontière.

Dans sa décision finale rendue jeudi, le département américain du Commerce établit à 20,83 pour cent le total des droits compensatoires et antidumping, en baisse par rapport aux tarifs préliminaires combinés de 26,75 pour cent décrétés plus tôt cette année.

Selon le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, cette révision découle de l'incapacité d'Ottawa et Washington de conclure une entente à long terme visant à mettre fin à l'actuel conflit sur le bois d'oeuvre.

"Bien que je sois déçu qu'il n'y ait pas eu une entente négociée (...), les États-Unis sont en faveur d'un commerce juste, équitable et réciproque avec le Canada", a-t-il fait valoir dans un communiqué.

M. Ross a ajouté que la décision du département du Commerce avait été prise à la suite d'une évaluation impartiale des faits et qu'elle visait à protéger les travailleurs américains des pratiques commerciales déloyales.

Le gouvernement Trudeau a rapidement répliqué en affirmant qu'il allait continuer à défendre l'industrie forestière contre les mesures protectionnistes.

"La décision du département du Commerce (...) est injuste, non fondée et profondément préoccupante", ont indiqué la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et son collègue aux Ressources naturelles, Jim Carr.

Ottawa a également exhorté Washington à annuler les droits punitifs en rappelant que toutes les options, dont des démarches judiciaires en vertu de l'Accord de libre-échange nord-américain et de l'Organisation mondiale du commerce, étaient étudiées.

Selon le département du Commerce, les producteurs canadiens ont vendu leur bois à des prix inférieurs de 3,2 pour cent à 8,89 pour cent à ce qui est considéré être leur juste valeur. Les autorités américaines ont également déterminé que le taux des subventions indues offertes par le Canada à son industrie oscille entre 3,34 pour cent et 18,19 pour cent.

Même si l'abolition complète des taxes à la frontière aurait été le scénario idéal, le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), Denis Lebel, n'a pas été surpris par les orientations de l'administration Trump.

"Les taux ne provoquent pas un vacarme comme celui survenu dans la décision rendue contre Bombardier, a expliqué l'ex-politicien, au cours d'une entrevue téléphonique. Ce n'est pas un choc qui met en péril l'avenir de l'industrie forestière québécoise."

Celui-ci a rappelé que la baisse de production survenue en Colombie-Britannique, provoquée par les feux de forêt, et la cadence des mises en chantier aux États-Unis contribuaient à l'augmentation des prix du bois d'oeuvre, ce qui permet aux scieries de garder la tête hors de l'eau.

Jusqu'à présent, l'enveloppe de 300 millions $ prévue pour financer entre autres des garanties de prêt n'a pas encore été mise à contribution.

En date du 31 octobre, Investissement Québec avait reçu une vingtaine de dossiers, a indiqué le ministère de l'Économie, ajoutant qu'il s'agissait davantage de sollicitations destinées à des projets d'investissement plutôt que des demandes d'aide.

La réaction a été plus sévère du côté de Produits forestiers Résolu (TSX:RFP), qui voit son taux combiné grimper légèrement à 17,9 pour cent, comparativement à 17,41 pour cent auparavant.

"C'est complètement inacceptable, a affirmé le porte-parole de l'entreprise, Seth Kursman, au cours d'un entretien téléphonique. Je ne serais pas content même si c'était deux pour cent parce qu'il s'agit d'une décision capricieuse qui nuit aux consommateurs américains."

M. Kursman affirme que les producteurs de l'Est n'ont pas la flexibilité des producteurs de l'Ouest, qui ont pu contrebalancer une partie des mesures punitives en achetant des scieries aux États-Unis en plus d'exporter leur bois vers l'Asie.

J.D. Irving est le seul autre producteur canadien à être visé par une hausse du taux des mesures punitives, qui passe de 9,89 à 9,92 pour cent.

West Fraser Timber (TSX:WFT) continue de payer les droits les plus élevés, mais le total est réduit d'environ sept points de pourcentage, à 23,7 pour cent. Pour Canfor (TSX:CFP), les mesures punitives totalisent 22,13 pour cent, par rapport à 27,98 pour cent auparavant, alors que le taux combiné pour Tolko passe de 27,03 pour cent à 22,07 pour cent.

Les importations américaines de bois d'oeuvre en provenance du Canada ont totalisé 5,66 milliards $ US l'an dernier.

La Commission du commerce international des États-Unis a maintenant 45 jours pour déterminer si les exportations canadiennes de bois d'oeuvre au sud de la frontière ont causé un préjudice à l'industrie américaine.