POLITIQUE

L'Enquête sur les femmes autochtones recommande une escouade policière

Les commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées ont fait 10 recommandations dans leur rapport.

01/11/2017 13:46 EDT | Actualisé 01/11/2017 13:46 EDT
La Presse canadienne/Matthew Usherwood
La commissaire en chef, Marion Buller.

Le gouvernement fédéral devrait créer une escouade policière nationale qui pourrait rouvrir des enquêtes sur les femmes autochtones assassinées ou disparues. Il s'agit là de l'une des dix recommandations du rapport périodique dévoilé mercredi par les commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Le rapport d'une centaine de pages fait état des progrès réalisés depuis la mise sur pied de l'enquête il y a un an et des défis auxquels les commissaires ont été confrontés.

Ceux-ci appellent le gouvernement Trudeau à former un groupe de travail avec les provinces et territoires pour créer une force policière où les familles et les survivantes pourraient être dirigées après leur témoignage. Cette escouade pourrait jeter un second regard sur les cas déjà connus et enquêter sur les nouveaux cas de femmes autochtones qui ont été tuées ou dont on a perdu la trace.

Les commissaires demandent également au gouvernement Trudeau de fournir des fonds supplémentaires pour offrir des services de soutien psychologique aux familles qui participent aux audiences et pour commémorer la mémoire des victimes.

La mise à jour de l'enquête, dont l'organisation a été plombée par des récriminations de la part de familles et des problèmes de personnel à l'interne, laisse certaines questions en suspens sur le temps additionnel et le financement supplémentaire qui seraient nécessaires pour qu'elle mène son mandat à terme.

La commissaire en chef, Marion Buller, n'a pas voulu préciser combien de temps ni d'argent elle compte demander au gouvernement fédéral.

Le gouvernement libéral a déjà dégagé 53,8 millions $ sur deux ans pour le travail de la commission. Un tiers de cet argent a été dépensé jusqu'à maintenant, a précisé Mme Buller.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Justin Trudeau n'a pas voulu indiquer s'il allait allonger la durée de leur mandat.

«Nous au gouvernement, comme tous les Canadiens, on veut que l'enquête se passe bien», a-t-il dit mercredi avant la réunion du caucus libéral.

«On a besoin d'avoir un processus qui fonctionne pour les familles. Ça doit être au centre de ce qu'ils sont en train de faire.»

Le mandat de l'enquête est d'examiner les causes systémiques de la violence contre les femmes et les filles autochtones au Canada en explorant les tendances et les facteurs sous-jacents.

Elle est censée mener ses activités de manière indépendante du gouvernement fédéral, et des gouvernements des provinces et des territoires.