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Canada: le nombre de femmes autochtones tuées plus élevé qu'estimé

Ce serait donc plus que le chiffre avancé de 1200 victimes.

01/11/2017 14:15 EDT | Actualisé 01/11/2017 14:19 EDT
Chris Wattie / Reuters
La présidente de la commission d'enquête, Marion Buller.

Le nombre de disparitions et de meurtres non élucidés de femmes autochtones au cours des trois dernières décennies est "probablement plus élevé" que l'estimation de 1200 victimes jusqu'ici avancée par la police canadienne, a estimé mercredi une commission d'enquête.

Malgré des difficultés dans la collecte de données, "le nombre véritable de femmes et de filles autochtones disparues ou assassinées est vraisemblablement beaucoup plus élevé" que les 1200 victimes listées par la police fédérale en 2014 pour la période de 1980 à 2012, selon le rapport de la commission d'enquête publique lancée par le gouvernement en 2015.

"Nous ignorons encore combien de femmes et de filles autochtones ont disparu ou ont été assassinées", a souligné Marion Buller, présidente de la commission d'enquête.

Le recensement de ces actes de violence est "une tâche colossale, mais nécessaire. Nous exposons de dures vérités au sujet des effets dévastateurs de la colonisation, du racisme et du sexisme", a-t-elle ajouté.

"Ce sont des aspects du Canada que de nombreux Canadiens hésitent encore à accepter", selon le rapport, qui évoque une "tragédie nationale" et un "génocide culturel".

Les femmes autochtones sont malheureusement plus souvent victimes de violences que la moyenne. Si elles constituent 4% des femmes canadiennes, elles ont représenté près du quart des victimes d'homicide en 2015, selon des chiffres de Statistique Canada cités dans le rapport.

"Des générations de familles sont traumatisées, et des communautés entières continueront à l'être si nous ne nous engageons pas à prendre des mesures concrètes et à changer les choses", a estimé Marion Buller.

Malgré le processus de réconciliation initié par Justin Trudeau, "le financement assuré par le gouvernement fédéral ne répond pas adéquatement" aux besoins des peuples autochtones, ni aux nouvelles problématiques auxquelles ils sont désormais confrontés comme les vagues de suicides juvéniles, le harcèlement en ligne, le trafic humain et les organisations criminelles, selon le rapport.

Prévu pour 2018, la publication du rapport final et des recommandations a été repoussé afin d'accorder plus de temps à la commission d'enquête de poursuivre l'audition de centaines de personnes issues des communautés autochtones dans tout le Canada.