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Erreur dans le recensement linguistique: Statistique Canada s'explique en comité

Deux hauts responsables de Statistique Canada viennent fournir des détails sur la bourde qu'ils ont commise dans le recensement sur les langues.

31/10/2017 15:12 EDT | Actualisé 31/10/2017 15:52 EDT
Getty Images/iStockphoto

Deux hauts responsables de Statistique Canada viennent fournir des détails sur la bourde qu'ils ont commise dans le recensement sur les langues devant le comité permanent des langues officielles, mardi après-midi.

Les députés du comité parlementaire entendront les témoignages de Jean-Pierre Corbeil, directeur adjoint de la division de la statistique sociale et autochtone, ainsi que Marc Hamel, directeur général du programme du recensement.

L'agence fédérale avait dû faire son mea culpa en août dernier après avoir reconnu qu'une erreur s'était glissée dans son recensement sur les langues, en particulier pour les données linguistiques du Québec.

L'erreur avait eu pour conséquence de surestimer la croissance de l'anglais dans la province et dans certaines de ses régions, tant pour la langue maternelle que pour la langue parlée à la maison, ce qui avait alarmé autant des politiciens que des organismes de défense du français.

Statistique Canada a expliqué qu'elle a été causée par le logiciel utilisé pour compiler les données qui a inversé les réponses sur la langue dans des formulaires en français. Les réponses d'environ 61 000 personnes, dont environ 57 000 au Québec, ont ainsi mal été classifiées.

L'erreur commise dans la livraison de données était passée sous le radar jusqu'à ce que le président de l'Association d'études canadiennes, Jack Jedwab, ne lève un drapeau rouge après avoir passé les chiffres au peigne fin.

Il a constaté que les chiffres faisaient état d'une augmentation marquée de quelque 57 000 personnes dans la population anglophone de villes à forte majorité francophone comme Rimouski (+164 pour cent) ou encore Saguenay (+115 pour cent).

Les données corrigées publiées quelques jours après ont confirmé que le français avait effectivement perdu du terrain au Québec, mais moins qu'annoncé initialement, et que l'anglais n'avait pas progressé, mais plutôt reculé.

En présentant ce rectificatif, les responsables de Statistique Canada avaient fait acte de contrition et convenu que cette erreur était regrettable en sachant à quel point la langue est un enjeu délicat au Québec.

«C'est clair qu'on aurait dû capter cette erreur-là, il n'y a aucun doute là-dessus. (...) Nous sommes très conscients de l'aspect très sensible de cette question, de ces enjeux, et Statistique Canada va corriger le tir, simplement», affirmait le 17 août dernier Jean-Pierre Corbeil.