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À deux doigts de la faillite à cause de la Formule E

Un restaurateur a raconté ses déboires lors du dévoilement d’un sondage montrant que la vaste majorité des commerçants n’ont connu aucun effet bénéfique.

30/10/2017 12:40 EDT | Actualisé 30/10/2017 12:41 EDT
Nicolas Kovarik/IP3 via Getty Images

Un restaurateur dont l'établissement se trouvait tout près des installations de la Formule E affirme avoir frôlé la faillite à cause de la course de voitures électriques. Il a raconté ses déboires lors du dévoilement d'un sondage montrant que la vaste majorité des commerçants n'ont connu aucun effet bénéfique.

Mathieu Dechezelle a ouvert le restaurant La Kitchenette en 2015. L'établissement est situé sur le boulevard René-Lévesque, devant la ligne d'arrivée de la course.

«Quand on a eu la nouvelle, on était partagé à savoir si l'impact serait positif ou négatif. Dès le mois de mai, on s'est rendu compte que ce serait très négatif», affirme-t-il.

Non seulement les touristes n'étaient pas au rendez-vous pendant la course, qui s'est déroulée à la fin du mois de juillet, il a également subi les contrecoups des travaux de réfection dans les mois précédents.

«On est passés à côté de la faillite au début du mois d'aout. Heureusement, nos clients réguliers sont revenus tout de suite après l'événement», affirme M. Dechezelle.

76% d'impact négatif ou neutre

M. Dechezelle s'exprimait dans le cadre du dévoilement d'un coup de sonde mené par le groupe Formule Citoyenne, qui s'oppose à la tenue de la Formule E dans le centre-ville. Le sondage, conçu et distribué par les citoyens, indique que 76% des commerçants du secteur concerné n'ont connu aucun impact positif. 53% d'entre eux auraient même subi des pertes à cause de l'événement.

«J'ai fait 80 sandwichs de plus pour cette fin de semaine. J'ai engagé 4 personnes. Une perte totale. [...] Habituellement, je sers 30 déjeuners par jour de weekend. Ce weekend-là, j'en ai servi 2», affirme un commerçant dans un des commentaires diffusés dans le rapport.

Selon Heidi Miller et Karim Kammah, porte-parole du groupe, les commerçants ont été sondés partout dans le quadrilatère formé par les rues Berri, Notre-Dame, de Lorimier et Ontario. Les commerces qui ne sont généralement pas affectés par les grands événements, comme les cabinets d'avocats, ont été exclus.

Au total, 150 questionnaires ont été distribués et 70 personnes ont rempli le questionnaire, sur une possibilité d'environ 375 commerces qui ont pu être affectés.

La majorité des répondants se trouvent sur les rues Ontario (22), Amherst (17) et Sainte-Catherine (16).

Lors de l'événement, le HuffPost Québec s'est entretenu avec divers commerçants du secteur. Selon les témoignages recueillis, ceux du Village gai semblent avoir profité de la Formule E alors que ceux de la rue Ontario ont eu un impact beaucoup plus négatif.

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