POLITIQUE

Le Canada reconnaît «une Espagne unie, point final», réagit le gouvernement

Martine Ouellet a présenté la Catalogne dans sa publication comme le «194e pays à l'ONU».

27/10/2017 11:31 EDT | Actualisé 27/10/2017 16:47 EDT

Le Canada reconnaît une "Espagne unie, point final", a tranché vendredi le gouvernement fédéral en réaction à la déclaration d'indépendance de la Catalogne. Ottawa se range ainsi du côté de Madrid, à l'instar de ses alliés européens et américains.

"Nous reconnaissons une Espagne unie. C'est simple, c'est clair, c'est une (position) qui est très explicite. On reconnaît une Espagne unie. Point final", a tranché vendredi Andrew Leslie, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères.

C'est le message qu'a martelé l'élu lors d'une mêlée de presse qui a duré moins de deux minutes, pendant laquelle il n'a jamais prononcé les mots Catalogne ou indépendance. L'expression "Espagne unie", en revanche, est revenue sept fois dans les réponses de M. Leslie.

Le Bloc québécois a exhorté en début de journée les gouvernements canadien et québécois à reconnaître l'indépendance de la Catalogne _ un appel auquel les députés du gouvernement libéral à Ottawa ont répondu de façon évasive.

"La Catalogne 194e pays à l'ONU, le Québec et le Canada doivent reconnaître le nouveau pays de la Catalogne. Le processus a été totalement démocratique et pacifique en respect du droit international", a écrit la leader du Bloc, Martine Ouellet, sur sa page Facebook.

Les autres élus libéraux croisés au parlement en matinée marchaient sur des oeufs. Tous ont offert des réponses évasives, dans lesquelles on détectait néanmoins un certain parti pris en faveur de l'unité de l'Espagne.

Tous, sauf la députée québécoise Alexandra Mendès, qui n'a pas fait de cachette de son opposition personnelle à la reconnaissance de l'indépendance de la Catalogne, telle que proclamée par le Parlement catalan à Barcelone.

"Je pense que la Constitution espagnole est très claire. Je ne crois pas que le Canada devrait reconnaître l'indépendance de la Catalogne", a-t-elle dit en mêlée de presse, reconnaissant toutefois qu'Ottawa se trouvait dans "une situation diplomatique très délicate".

La députée Mendès a tenu à préciser qu'elle ne cautionnait pas pour autant la réaction autoritaire du gouvernement central espagnol: "Je ne suis pas du tout d'accord avec l'attitude de Madrid. Mais que l'indépendance de la Catalogne soit reconnue, ça, je suis contre".

Chez les néo-démocrates, on n'est pas allé jusqu'à réclamer du gouvernement qu'il reconnaisse l'indépendance catalane. Le député Matthew Dubé regrette toutefois qu'Ottawa soit si timide à défendre le "droit fondamental" des peuples à l'autodétermination.

Il a qualifié de "préoccupante" la mise sous tutelle, par le gouvernement de Mariano Rajoy, de celui de Carles Puigdemont _ immédiatement après la proclamation d'indépendance, le Sénat espagnol a entrepris des démarches pour suspendre le statut d'autonomie de la Catalogne.

Au Parti conservateur, on a été nettement moins loquace, comme on l'est depuis le début de cette crise en Espagne. L'élu Alain Rayes a simplement fait valoir lors d'une très brève mêlée de presse que c'était au gouvernement de Justin Trudeau de se prononcer sur la question.

"C'est un sujet qui est extrêmement complexe, il n'y a pas de réponse simple à ça. (...) C'est un enjeu pour le gouvernement", a-t-il plaidé avant de s'engouffrer dans la Chambre des communes, vendredi matin.

Le premier ministre Justin Trudeau, qui est de passage au Québec vendredi, a toujours refusé de s'immiscer dans la crise espagnole.

Il a souvent fait valoir qu'il s'agissait d'une situation "interne à l'Espagne", comme l'a fait à maintes reprises sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

En début de semaine, elle a affirmé qu'elle avait "partagé des idées" lors d'une conversation avec son homologue espagnol il y a quelques semaines.

La ministre a ajouté que le "dialogue politique" était "la meilleure solution" pour dénouer l'impasse espagnole, et précisé que le Canada estime "important de suivre la Constitution de l'Espagne".

À la suite des événements survenus en Catalogne, la premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a déclaré :

« Le Québec partage une riche relation avec la Catalogne et des liens d'amitiés profonds avec l'Espagne. Rappelons que le 4 octobre dernier, l'Assemblée nationale du Québec adoptait une motion à l'unanimité qui appelait, notamment, au dialogue politique et démocratique entre la Catalogne et l'Espagne afin de résoudre pacifiquement et de façon consensuelle les différends qui les éloignent, dans le respect de la démocratie et du droit. Pour la suite, ce n'est pas au Québec de s'ingérer dans ce débat de politique ou de dicter la marche à suivre. Nous croyons toujours qu'un dialogue politique et démocratique est incontournable pour dénouer cette impasse. »

Le parlement de Catalogne déclare l'indépendance