NOUVELLES

Les règles pourraient pénaliser les utilisateurs occasionnels, craint Airbnb

«La loi québécoise est vraiment conçue pour les professionnels.»

26/10/2017 10:52 EDT | Actualisé 26/10/2017 10:52 EDT
vgajic via Getty Images

Au moment où les villes canadiennes multiplient les règles en réaction aux services qui permettent d'offrir un logis en ligne, Airbnb dit être ouvert à un certain encadrement si on s'assure que les utilisateurs occasionnels ne seront pas pénalisés et qu'on reconnaît que les hôtes ne gèrent pas tous une entreprise.

Vancouver et Toronto envisagent toutes les deux d'imposer plusieurs restrictions aux utilisateurs tandis que le Québec, la première province à avoir encadré l'industrie, pourrait bientôt revoir ses règles.

«Il y a plusieurs perceptions erronées concernant le partage de logement, assure Alex Dagg, la directrice des politiques publiques d'Airbnb pour le Canada, qui s'inquiète des répercussions inattendues de règles adoptées à la hâte. C'est ce qui nous préoccupe — d'en arriver à quelque chose qui paraît logique. Mais sans comprendre la communauté et comment elle utilise la plateforme et quels bienfaits elle en tire, on peut vraiment en arriver à quelque chose de nuisible.»

Plusieurs propriétaires et locataires utilisent de tels services pour louer une partie ou la totalité de leur logis et empocher un peu d'argent. Les détracteurs d'Airbnb, dont l'industrie hôtelière, lui reprochent toutefois de ne pas être soumis aux mêmes règles ou aux mêmes taxes; d'autres l'accusent d'exacerber le problème dans ces villes où les logements sont rares et l'accès à la propriété prohibitif.

Vancouver envisage d'imposer aux hôtes un permis annuel de 49 $, et de leur permettre de louer uniquement leur résidence principale. Le taux d'inoccupation de la région métropolitaine de la ville était de 0,7 pour cent en octobre 2016 et en septembre, le coût moyen d'une maison y dépassait le million de dollars.

Au Québec, le gouvernement provincial a imposé plusieurs restrictions et Mme Dagg s'attend à une nouvelle intervention du ministère du Tourisme au cours des prochaines semaines.

«(La loi québécoise) est vraiment conçue pour les professionnels», déplore Mme Dagg, qui estime que cela ne tient pas compte des utilisateurs occasionnels, qui seraient beaucoup plus nombreux. La loi impose à ceux qui offrent une propriété sur Airbnb et d'autres plateformes similaires pour tout au plus 31 jours consécutifs d'obtenir un permis et d'acquitter une taxe hôtelière.

Toronto, qui est elle aussi aux prises avec des loyers et des prix très élevés, a complété ses audiences publiques sur la question. Les utilisateurs pourront offrir de louer leur résidence principale pour un maximum de 28 jours consécutifs et ils devront s'inscrire auprès de la ville à un coût allant de 40 $ à 150 $ annuellement.

VOIR AUSSI: