POLITIQUE

Le député Ouellette se retire du caucus libéral au lendemain de son arrestation

Sans le nommer, l'UPAC a confirmé qu'une arrestation a eu lieu dans le cadre d'une enquête sur «de possibles infractions d'abus de confiance et d'entrave à la justice».

26/10/2017 09:26 EDT | Actualisé 26/10/2017 11:07 EDT

Le député Guy Ouellette a fait savoir jeudi qu'il se retirait du caucus du Parti libéral du Québec (PLQ) jusqu'à ce que le Directeur des poursuites criminelles et pénales se prononce sur les suites de son arrestation effectuée la veille.

C'était la bonne chose à faire dans les circonstances, a déclaré le premier ministre Philippe Couillard, qui a choisi d'interrompre une tournée dans le Grand Nord québécois pour être présent au caucus jeudi matin.

"Ça nous surprend, ça nous attriste, mais ça ne nous fait pas dévier du plan, a-t-il affirmé. C'est un choc pour tout le monde, je pense, pour l'ensemble de la députation, je pense même pour les partis d'opposition."

Selon toute vraisemblance, Guy Ouellette, âgé de 65 ans, a été arrêté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en lien avec les fuites dans l'enquête Mâchurer qui s'attarde au financement du Parti libéral à l'époque où il était dirigé par Jean Charest.

La résidence de Québec du député de Chomedey a fait l'objet d'une longue perquisition policière qui a pris fin il y a quelques heures.

Enquête de l'UPAC

L'UPAC a d'ailleurs confirmé, jeudi matin, avoir procédé à une arrestation mercredi. Dans un communiqué laconique, elle affirme que son enquête vise notamment "de possibles infractions d'abus de confiance et d'entrave à la justice".

Une série de perquisitions ainsi qu'une arrestation en cours d'enquête ont été réalisées, dans le but de "sécuriser des éléments de preuve ainsi que pour empêcher que les infractions se continuent ou se répètent".

La personne arrêtée n'a pas été identifiée par l'UPAC, "car il importe de souligner qu'aucune accusation n'a été déposée à ce stade-ci de l'enquête. Les actions d'hier ne constituent qu'une étape de l'enquête qui se poursuit", a ajouté l'UPAC dans son communiqué.

L'équipe mixte affectée à l'enquête, formée des membres de plusieurs corps de police, a exécuté six mandats de perquisition et rencontré une dizaine d'individus au courant de la journée du 25 octobre.

Les perquisitions, certaines dans la région de Montréal et d'autres dans la région de Québec, se sont déroulées jusqu'à tard mercredi soir.

Par ailleurs, "les enquêteurs procéderont à l'analyse de la preuve recueillie hier avant que le dossier ne soit soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui déterminera s'il y a lieu de porter des accusations".

"Par conséquent, se termine le communiqué, et pour des considérations juridiques, le commissaire à la lutte contre la corruption ne fera aucun commentaire à cette étape-ci de l'enquête."

Khadir donne "tout son appui" à Ouellette

Abasourdis, des députés du Parti québécois (PQ), de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de Québec solidaire (QS) ont tour à tour louangé le travail de M. Ouellette à la tête de la Commission des institutions.

M. Ouellette, un ancien policier, a consacré toute sa vie à la recherche de la vérité, selon le porte-parole péquiste en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé.

"Il a pris des risques importants dans sa vie comme enquêteur de police, il a fait un travail exemplaire comme président de commission", a-t-il affirmé.

Le député de QS, Amir Khadir, a dit donner "tout son appui" au député Ouellette, qui, d'après lui, semble le héros dans toute cette affaire, puisqu'il était possiblement un lanceur d'alerte.

"Mon bureau a déjà contacté son bureau pour lui assurer de mon appui", a dit M. Khadir.

Les partis d'opposition ont tous exigé des explications de la part de l'UPAC. Selon eux, l'UPAC consacre plus de temps à essayer de colmater des fuites qu'à épingler les véritables coupables dans le "scandale du financement du Parti libéral du Québec".

Au printemps dernier, les médias de Quebecor ont obtenu d'une source des documents confidentiels de l'UPAC qui traitaient de l'enquête Mâchurer. On y apprenait entre autres que l'ancien premier ministre Jean Charest, ainsi qu'un argentier du parti libéral, Marc Bibeau, étaient dans la mire des enquêteurs.

Le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, a dû maintes fois se défendre au cours des derniers mois de se traîner les pieds dans cette enquête.

"Il y a de sérieuses questions à poser sur la priorité des dossiers à l'UPAC, a affirmé M. Khadir.

"L'UPAC, son mandat, c'est autre chose que de faire la chasse aux sources. Le mandat de l'UPAC, c'est de nous ramener les filous, les bandits qui ont orchestré le financement illégal du parti libéral", a-t-il ajouté.

L'UPAC est en train de faire "diversion", selon le député solidaire.

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Qui est Guy Ouellette?

-Âgé de 65 ans

-Ex-enquêteur de la Sûreté du Québec, spécialiste du crime organisé et de la guerre aux motards

-Membre de l'escouade Carcajou

-Élu pour la première fois en 2007, mais n'a jamais accédé au conseil des ministres

-Président de la commission des institutions à l'Assemblée nationale

-A récemment forcé la main du commissaire à l'UPAC, Robert Lafrenière, ainsi que des représentants de la Sûreté du Québec, pour témoigner sur le projet de loi 107