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Al-Assad jugé responsable d'une attaque au sarin et poussé vers la sortie par Washington

Le fils de l'ancien président Hafez al-Assad, soutenu par les forces armées iraniennes et russes, n'a pas abandonné les rênes du pays, plongé depuis 2011 dans une guerre civile sanglante

26/10/2017 18:36 EDT | Actualisé 26/10/2017 18:37 EDT
REUTERS
Le président syrien Bachar al-Assad.

L'avenir de la Syrie s'écrira sans Bachar al-Assad ont tonné les États-Unis jeudi, peu avant qu'un rapport de l'ONU accuse le régime de Damas d'être responsable d'une attaque au gaz sarin, éclipsant l'annonce dans la journée d'un nouveau cycle de pourparlers.

"Nous ne pensons pas qu'il y ait un futur pour le régime Assad et la famille Assad". Le message de Rex Tillerson, le secrétaire d'État américain, avait rarement été aussi clair.

"Je pense l'avoir dit à plusieurs occasions. Le règne de la famille Assad arrive à sa fin, la seule question reste de savoir comment cela sera provoqué", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie américaine s'est exprimé quelques heures avant les révélations tant attendues d'un rapport des experts de l'ONU et de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques), sur l'attaque au gaz sarin du 4 avril à Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie, qui a tué plus de 80 personnes dont beaucoup de femmes et d'enfants.

Ces experts ont conclu, comme l'affirmaient notamment Washington, Londres et Paris, que le régime de Damas est bien responsable de l'attaque.

"Le Conseil de sécurité doit envoyer un message clair: aucun usage d'arme chimique ne sera toléré et il faut apporter un soutien total aux enquêteurs indépendants", a pour sa part réagi l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Nikki Haley.

"Tout pays qui se refuse à le faire ne vaut pas mieux que les dictateurs et les terroristes qui utilisent ces armes terribles", a-t-elle ajouté.

Les images des habitants de Khan Cheikhoun, dont ces nombreux enfants, agonisants, avaient fait le tour du monde. Le président américain Donald Trump avait notamment qualifié de "boucher" son homologue syrien.

"Des jeunes enfants qui meurent. Des bébés qui meurent. Des pères qui tiennent leurs enfants morts dans leurs bras. Des enfants morts. Il n'y a pas pire à voir et ça ne devrait pas être permis. C'est un boucher", avait-il déclaré.

Huitième round de discussions

Mais les propos de son secrétaire d'État jeudi, dont la fermeté tranchait avec les précédentes prises de position de Washington, ont fait grincer des dents dans le rang des alliés de Bachar al-Assad.

"Nous ne devrions pas anticiper l'avenir, le futur seul sait ce qui attend chacun", a ainsi répondu l'ambassadeur russe aux Nations unies, Vasily Nebenzia.

L'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait indiqué plus tôt dans la journée qu'un nouveau cycle de pourparlers sur la Syrie se tiendrait à partir du 28 novembre à Genève, sous l'égide de l'ONU.

"Nous devons engager les parties (au conflit) dans de vraies négociations", a déclaré le diplomate suédo-italien, qui a vu son annonce de recherche de solution pacifique occultée par les déclarations de Rex Tillerson, avec qui il s'était pourtant entretenu dans la journée.

Staffan de Mistura a déjà organisé sept sessions de discussions entre le régime syrien et l'opposition. Jamais il n'a réussi à surmonter le principal obstacle, qui concerne le sort du président Bachar al-Assad.

Le fils de l'ancien président Hafez al-Assad, soutenu par les forces armées iraniennes et russes, n'a pas abandonné les rênes du pays, plongé depuis 2011 dans une guerre civile sanglante. Il n'a cessé de répéter qu'il ne démissionnerait pas sous la pression des rebelles, qu'il qualifie de "terroristes".

Mais plusieurs puissances occidentales, l'opposition syrienne et les pays arabes voisins accusent Bachar al-Assad d'être responsables des 333 000 morts du conflit.

Sous Barack Obama, les États-Unis avaient assuré à de nombreuses reprises que ses jours à la tête de la Syrie étaient comptés, mais l'ancien président démocrate avait refusé de recourir à des frappes militaires après l'usage d'armes chimiques par Damas.

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