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Procès de Randy Tshilumba: les parents de la victime ont témoigné

La tenue du procès les a replongés dans le cauchemar, ont dit les deux parents, ensemble à la barre des témoins.

25/10/2017 17:09 EDT | Actualisé 26/10/2017 17:12 EDT
SPVM

«Tu nous as été arrachée», ont lancé en sanglotant les parents de Clémence Beaulieu-Patry, tuée par Randy Tshilumba l'an dernier dans un supermarché Maxi, alors qu'ils témoignaient mercredi au palais de justice de Montréal.

Nathalie Beaulieu et Luc Patry ont rendu en cour un vibrant témoignage sur leur fille, la décrivant comme une personne lumineuse, aimante et pacifique.

Ils ont demandé qu'une photo de Clémence soit projetée sur les écrans dans la salle de cour lors de leur déclaration présentée dans le cadre des observations sur la peine.

Randy Tshilumba a été reconnu coupable par un jury vendredi dernier du meurtre prémédité de la jeune femme. Elle est morte après avoir été poignardée 14 fois alors qu'elle travaillait dans un marché Maxi de l'est de Montréal, le soir du 10 avril 2016. Elle n'avait que 20 ans.

La tenue du procès les a replongés dans le cauchemar, ont dit les deux parents, ensemble à la barre des témoins.

Ils ont parlé de leur fille, s'adressant directement à elle, en se rappelant ses qualités et sa personnalité.

«Nous voudrions tant voir ton sourire (...) toucher tes cheveux, a déclaré Mme Beaulieu en pleurant. La maison est si vide sans toi.»

Ils ont parlé de ses rêves qui lui ont été volés, comme celui de visiter la Grèce avec son amoureux.

«Nous t'aimerons à tout jamais. Repose en paix fille chérie».

Les parents ont aussi parlé du deuil traumatique qu'ils vivent, de la tristesse et de la colère qui les habitent, soulignant qu'ils ne dorment qu'avec grande difficulté et qu'ils ne peuvent plus travailler.

Ils ont précisé que le verdict leur apporte une certaine paix.

«Dans 25 ans, si nous sommes toujours vivants, nous serons là pour nous opposer à sa libération conditionnelle», ont-ils promis.

Pendant plus d'un mois, Mme Beaulieu et M. Patry ont assisté à l'intégralité du procès devant la juge Hélène Di Salvo à Montréal.

Des amies de la victime ont aussi témoigné, avec difficulté et émotion: elles disent avoir désormais peur de nombreuses choses, dont marcher le soir. Elles ont parlé de leur confiance évaporée et du vide avec lequel elles vivent.

«Une partie de moi vient de mourir», a déclaré l'une d'entre elles.

Randy Tshilumba, âgé de 21 ans, avait plaidé non coupable.

La théorie de la défense était que le jeune accusé souffrait d'un trouble mental et qu'il était convaincu que la victime voulait l'abattre, ainsi que d'autres clients du Maxi. Il a admis l'avoir tuée et a plaidé la non-responsabilité criminelle pour cause de trouble mental. Des psychiatres ont soutenu cette thèse.

L'accusé ne considérait donc pas avoir fait de mauvaises choses le soir du 10 avril 2016 et il avait des idées délirantes, avait fait valoir au procès son avocat, Me Philippe Larochelle.

De son côté, Catherine Perreault, l'avocate de la Couronne, avait plaidé le meurtre prémédité, thèse que le jury a retenue.

La juge Hélène Di Salvo va prononcer officiellement la peine mercredi après-midi. Pour ce crime, la peine est obligatoirement un emprisonnement à perpétuité, sans possibilité de libération avant 25 ans.