POLITIQUE

Loi 62: Justin Trudeau ne parle plus du respect du droit de Québec à légiférer

Le premier ministre du Canada n'a vraiment pas été convaincu par les «clarifications» données par la ministre Vallée hier.

25/10/2017 11:42 EDT | Actualisé 25/10/2017 14:24 EDT
Chris Wattie / Reuters

Justin Trudeau semble plus déterminé que jamais à contester devant les tribunaux la loi québécoise sur la neutralité religieuse.

À son arrivée au parlement mercredi matin, le premier ministre a commenté la sortie de la ministre québécoise de la Justice, la veille.

Mardi matin, Stéphanie Vallée a donné les détails de l'application de la loi adoptée la semaine dernière par l'Assemblée nationale.

"Vous appelez ça des clarifications?", a lâché le premier ministre Trudeau, alors qu'il arrivait à la réunion de son caucus accompagné du nouvel élu dans Lac-Saint-Jean, Richard Hébert.

"Nous, on va faire nos devoirs, ici à Ottawa", a-t-il déclaré, avant d'enchaîner qu'il fallait trouver les moyens de protéger les minorités et, particulièrement, les femmes musulmanes.

"Comment on s'assure que des femmes qui portent le voile ne se font pas harceler dans la rue avec ce nouveau projet de loi et ce nouveau vent qui court?", a-t-il dit, laissant ainsi entendre que ce harcèlement serait encouragé par la loi 62.

À aucun moment le premier ministre n'a dit qu'Ottawa doit respecter le droit de Québec de faire ses propres lois, discours qu'il tenait encore la semaine dernière et que sa ministre Mélanie Joly répétait mardi après la sortie de Mme Vallée.

M. Trudeau a plutôt conclu qu'il examinait avec attention "les outils" dont il dispose dans cette situation. Il a tourné les talons lorsqu'on lui a demandé de préciser ses options.

"Oui, c'est le premier ministre canadien. Oui, le Québec a aussi droit de légiférer sur des enjeux qui (lui) sont propres, qui sont les siens", a déclaré la ministre Vallée, à Québec, réagissant aux plus récents propos de M. Trudeau.

"Que M. Trudeau ne partage pas notre opinion, c'est son droit. Il a le droit d'avoir une opinion sur la loi", a-t-elle ajouté.

Pour ce qui est de répondre au premier ministre, elle a refusé d'"avoir un échange par le biais des médias". Elle a plutôt réitéré sa conviction que la loi 62 respecte la Charte canadienne des droits et libertés. "Je suis persuadée qu'elle passera le test des tribunaux", a encore dit la ministre.

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