NOUVELLES

Les images de Sahar Dofdaa, le bébé syrien mort de malnutrition, vont-elles éveiller les consciences comme celles d'Aylan?

Les images insoutenables de ce bébé révèlent le drame de la malnutrition dans les zones assiégées de Syrie.

25/10/2017 12:31 EDT | Actualisé 25/10/2017 13:06 EDT
Montage Le HuffPost

Elle n'avait que 34 jours. Dimanche 22 octobre, la petite Sahar Dofdaa est morte dans un hôpital de Hamouria, dans la région rurale de la Ghouta, à l'est de Damas en Syrie. Elle avait été photographiée la veille par un collaborateur de l'Agence France presse: squelettique, les côtes saillantes sous sa peau translucide, elle respirait avec difficulté. Elle pesait à peine plus de 1,9 kg.

Sahar n'est que l'un des visages d'un drame qui se joue en Syrie: la malnutrition aiguë touchant des centaines d'enfants de la Ghouta, dernière enclave rebelle près de Damas et assiégée par le régime de Bachar al-Assad depuis 2013. Là, l'aide humanitaire ne parvient qu'au compte-gouttes.

Les images insoutenables de la petite Sahar Dofdaa s'affichent depuis dimanche sur les sites d'information de nombreux pays, témoignant de l'une des conséquences dévastatrices de la guerre meurtrière qui ravage le pays. Comme le Guardian au Royaume-Uni, le HuffPost américain, Al Jazeera au Moyen-Orient, le Corriere en Italie ou franceinfo en France, un grand nombre de médias ont choisi de montrer l'horreur et ne pas taire le drame humain.

Les photos du corps de Sahar rappellent forcément l'onde de choc provoquée par l'image d'Aylan Kurdi, petit Syrien de 3 ans dont le corps rejeté par la mer, capturé par un photographe, est devenu emblématique de la crise migratoire en 2015. Elle avait elle aussi mis les rédactions du monde entier face à une problématique: faut-il montrer ce petit corps inanimé sur la plage pour sensibiliser l'opinion sur la réalité de la crise migratoire, ou cacher cette photo horrifiante?

Sur les réseaux sociaux, certains ont fait part de leur choc à la découverte des photos.

"J'espère que la photo du bébé syrien Sahar Dofdaa hante toute personne ayant le pouvoir de faire quelque chose autant qu'elle me hante en ce moment"

"Je pense que je ne pourrai jamais oublier les photos de Sahar Dofdaa, elles sont absolument déchirantes"

Dans la Ghouta, le dernier convoi humanitaire remonte à fin septembre

Comme Sahar, plus de 1100 enfants ont souffert ces trois derniers mois de malnutrition aiguë dans la région de la Ghouta orientale, d'après l'Unicef. 1589 autres enfants se trouvent par ailleurs dans une situation "à risque".

"Avec la fermeture de la Ghouta et la hausse des prix des aliments, la question de la malnutrition est en train de se dégrader", a mis en garde Monica Awad, une responsable de l'Unicef dans un communiqué en réponse à des questions de l'AFP. La mère de Sahar était tellement sous-alimentée qu'elle ne pouvait l'allaiter. Son père, lui, n'avait pas les moyens d'acheter du lait.

La Ghouta orientale, où vivent près de 400.000 personnes selon l'ONU, est une des quatre "zones de désescalade" instaurée en mai par les parrains internationaux des belligérants en Syrie, dans le but d'instaurer des trêves dans les combats dans diverses régions de Syrie.

Selon le bureau des affaires humanitaires de l'ONU, le dernier convoi en date remonte à fin septembre. "Mais ce n'était pas suffisant pour répondre aux besoins de tous les enfants", selon l'Unicef.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.