POLITIQUE

Loi 62 : la ministre Vallée répondra aux questions mardi matin

Elle a convoqué une conférence de presse à 10h.

23/10/2017 18:54 EDT | Actualisé 24/10/2017 09:58 EDT

QUÉBEC – Devant le tollé soulevé au Québec, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a convoqué une conférence de presse mardi à 10h, où elle dévoilera les « règles d'application » de sa loi sur la neutralité religieuse.

La nouvelle loi, qui oblige à donner et à recevoir des services publics à visage découvert, a été l'objet de vives critiques depuis son adoption la semaine dernière. Le reste du Canada la trouve discriminatoire, voire islamophobe, alors que les municipalités estiment qu'elle est inapplicable.

Un flou persiste à savoir si les chauffeurs d'autobus devront obliger les femmes musulmanes qui portent le niqab à se dévoiler le visage pendant tout le trajet, comme prévu par la loi. La porte-parole du Parti québécois en matière de laïcité, Agnès Maltais, s'attend à ce que ce soit le cas.

Des manifestations ont déjà eu lieu à ce sujet dans la métropole. Québec solidaire appelait d'ailleurs ses militants à « enfreindre la loi » en portant un foulard ou des verres fumés pour manifester dans le métro de Montréal dimanche, selon un courriel obtenu par le HuffPost.

Lundi, le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a qualifié la loi sur la neutralité religieuse de « patente à gosses pas gérable » pour les sociétés de transport et les municipalités qui devront imposer le visage découvert.

« Tant mieux si la ministre fait des précisions puis explique comment les gens sur le terrain sont censés utiliser ce projet de loi, parce qu'à l'heure actuelle, ça ne tient pas la route. Tout le monde le dit. »

La Coalition avenir Québec, de son côté, a déjà dit qu'elle abrogerait la loi sur la neutralité religieuse, si elle était portée au pouvoir, pour la remplacer par une « vraie » Charte de la laïcité qui interdirait aux fonctionnaires en position d'autorité d'afficher leur religion.

Lundi, le premier ministre Philippe Couillard a défendu la « bonne loi » de son gouvernement. La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a précisé que le visage découvert était une « question de sécurité, d'identification et de communication ».

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