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En pleine débâcle, l'État islamique accusé d'avoir exécuté une centaine de civils en Syrie

Il ne reste plus aux djihadistes qu'un territoire restreint dans ce pays en guerre.

23/10/2017 09:13 EDT | Actualisé 23/10/2017 09:16 EDT
AFP/Getty Images

Le groupe Etat islamique (EI) a été accusé lundi d'avoir "exécuté au moins 116 civils" dans une ville du centre de la Syrie avant d'en être chassé, au moment où il ne reste plus aux djihadistes qu'un territoire restreint dans ce pays en guerre.

Cible de multiples offensives, l'EI subit depuis des mois revers après revers en Syrie et en Irak voisin. Il vient d'être chassé par une alliance de combattants kurdes et arabes de Raqa, sa "capitale" de facto en Syrie et voit s'écrouler son "califat" proclamé sur les régions conquises en 2014.

Le groupe ultra-radical garde toutefois sa capacité à riposter de manière meurtrière, à travers des attentats -y compris hors de la région--, ou par des exécutions.

"Durant les 20 jours où il a contrôlé al-Qaryatayne, l'EI a exécuté au moins 116 civils (...), après les avoir accusés de collaboration avec les troupes du régime" de Bachar al-Assad, a indiqué lundi à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon M. Abdel Rahmane, les cadavres ont été "trouvé dans les rues, les maisons, et dans d'autres endroits" par des habitants de retour en ville après que cette localité de la province de Homas a été reprise samedi aux djihadistes.

"Certains ont été tués à l'arme blanche, d'autres par balle", a ajouté le responsable de l'OSDH, ONG disposant d'un vaste réseau de correspondants en Syrie.

D'après les sources de l'OSDH, la grande majorité des victimes ont été tuées durant les deux derniers jours avant que l'EI ne soit chassé d'al-Qaryatayne.

Offensives distinctes

Le groupe EI s'était à nouveau emparé, le 1er octobre, de cette ville qui compte une minorité chrétienne et plusieurs églises, dont certaines ont été saccagées par les djihadistes. L'organisation ultraradicale l'avait capturée une première fois en août 2015 avant d'en être chassé moins d'un an plus tard.

Selon l'OSDH, le régime a repris la ville samedi "après la retraite de plus de 200 membres de l'EI en direction de la Badiya", le grand désert du centre syrien.

Après la récente perte de Raqa, le dernier fief en Syrie de l'EI se trouve le long de l'Euphrate, dans la province de Deir Ezzor (est), dont il contrôle 40%. Cette région pétrolière était quasi-totalement entre ses mains il y a encore quelques mois.

Son dernier bastion urbain en Syrie est la ville de Boukamal, située à la frontière de l'Irak, dans cette même province de Deir Ezzor.

Des combats s'y poursuivent, et l'organisation djihadiste se trouve confrontée à deux offensives distinctes: l'une menée par le régime syrien et son allié russe, l'autre par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), appuyée par les Etats-Unis.

Toujours dans la province de Deir Ezzor, l'EI contrôle par ailleurs, selon l'OSDH, quelque 8% de la capitale éponyme, soit une poignée de quartiers de cette cité qui comptait initialement plus de 100.000 habitants.

Ailleurs en Syrie, il ne reste plus à l'organisation ultraradicale que quelques poches: des villages dans la province de Hama (centre) recapturés récemment, et des parties du camp de réfugiés palestinien de Yarmouk, dans le sud de Damas. Enfin, dans le sud syrien, un groupuscule qui a prêté allégeance à l'EI, l'Armée Khaled ben al-Walid, est toujours actif.

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