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Airbus n'attend que l'appel d'offres pour proposer ses avions de chasse Eurofighter Typhoon à Ottawa

Ottawa a menacé de ne plus faire affaire avec Boeing pour le remplacement de 18 appareils de sa flotte de CF-18 vieillissants.

23/10/2017 16:37 EDT | Actualisé 23/10/2017 16:40 EDT
Phil Noble / Reuters

Airbus est en piste et n'attend plus que l'appel d'offres du gouvernement Trudeau pour lui offrir ses avions de chasse Eurofighter Typhoon.

Ottawa a menacé de ne plus faire affaire avec Boeing pour le remplacement de 18 appareils de sa flotte de CF-18 vieillissants. Le géant américain lui proposait son Super Hornet, un contrat dont la valeur n'est pas connue, mais que les analystes évaluent à environ 6 milliards $.

De passage au Symposium sur le marché canadien de la défense et de la sécurité, lundi à Boucherville, le président d'Airbus Canada, Simon Jacques, a appelé le gouvernement fédéral à présenter un appel d'offres «ouvert et équitable» pour le remplacement de ses chasseurs militaires.

M. Jacques a affirmé qu'Airbus serait très certainement sur les rangs si les critères d'évaluation du gouvernement Trudeau permettent au Typhoon de se qualifier.

Airbus a décroché son premier contrat d'envergure l'an dernier avec le gouvernement du Canada, qui lui a commandé 16 avions de recherche et de sauvetage, une entente de 2,4 milliards $, en plus de 2,3 milliards $ en entretien et service après-vente pour 20 ans. Le premier de ces appareils doit être livré à la fin de 2019.

M. Jacques a fait valoir que l'avionneur européen est déjà associé à plusieurs fournisseurs canadiens, dont CAE et Pratt & Whitney pour ce contrat. Il ajoute qu'une équipe canadienne sera mise sur pied pour soumissionner sur un éventuel contrat de chasseurs si les critères lui permettent d'offrir le Typhoon aux militaires canadiens. Il assure de plus qu'une éventuelle soumission fera appel à de nombreux fournisseurs canadiens.

Avec l'acquisition récente de la C Series par Airbus, le consortium européen se trouve maintenant dans une position favorable pour damer le pion au concurrent Boeing. L'avionneur américain, qui cherchait à bloquer l'entrée de la C Series aux États-Unis et possiblement faire échouer le programme en entier, s'est trouvé à remettre entre les mains d'Airbus une ligne complète d'appareils complémentaires à ceux qu'Airbus offrait déjà.

De perdre aux mains d'Airbus le contrat de remplacement des CF-18 que plusieurs lui croyaient acquis serait un camouflet additionnel d'importance pour le géant américain.