POLITIQUE

Les ministres de la Santé songent à une base de données commune sur les opioïdes

L'objectif est de s'assurer de suivre l'évolution du patient et la médication qui lui a été prescrite.

20/10/2017 17:04 EDT | Actualisé 20/10/2017 17:04 EDT
Getty Images/iStockphoto

Les ministres de la Santé du pays sont réunis à Edmonton, jeudi et vendredi, pour trouver des solutions à l'actuelle crise des opioïdes et se préparer à la légalisation prochaine du cannabis.

L'idée de la création d'une base de données électronique commune sur les prescriptions a été soulevée, jeudi. L'objectif est de s'assurer de suivre l'évolution du patient et la médication qui lui a été prescrite peu importe où il se trouve.

Le ministre de la Santé de l'Ontario, Eric Hoskins, croit que les provinces s'améliorent dans leur lutte contre ce fléau.

Selon lui, tous les ministres conviennent qu'il s'agit d'un problème aux formes multiples et que les solutions passent par des prescriptions appropriées d'opioïdes, des cliniques de la douleur, des alternatives aux opioïdes et un support efficace des patients.

Le nombre de décès causés par la consommation d'opioïdes devrait dépasser la barre des 3000 cette année au pays.

L'Institut canadien d'information sur la santé a sonné l'alarme sur le fait que la crise des opioïdes a commencé à embourber le système de santé.

Selon ses données, 16 Canadiens par jour sont hospitalisés pour une intoxication aux opioïdes. Une hausse de près de 20 pour cent par rapport à l'an dernier.

Prêts, pas prêts pour le cannabis?

La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petipas Taylor, doit présenter une mise à jour, vendredi, du projet de légalisation du cannabis d'ici le 1er juillet 2018.

Ce sujet devrait monopoliser les discussions entre les ministres au cours de la deuxième journée du sommet.

Le gouvernement fédéral renforce son code criminel et prend en charge les principales préoccupations en matière de santé, comme l'emballage, les mises en garde et la force du cannabis destiné à la consommation alimentaire.

Les provinces auront la responsabilité de superviser la vente du cannabis, ainsi que de fixer l'âge de consommation minimal tant que celui-ci est au-dessus de 18 ans.

Plusieurs détracteurs ont dit croire que l'échéancier d'Ottawa est trop ambitieux.

En juillet dernier, les premiers ministres des provinces et les dirigeants des territoires ont prévenu qu'ils demanderaient de repousser l'entrée en vigueur si Ottawa ne les aidait pas à résoudre les problèmes de distribution, de sécurité, de taxation, de justice et de prévention.

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, a déclaré jeudi que la question de savoir si tout sera prêt en seulement huit mois plane sur l'ensemble du processus.

«On travaille très fort pour être prêt, mais... il faut mettre sur pied des campagnes, déployer tout un réseau, etc. Et le 1er juillet 2018, il n'y aura pas de réglementations mises en place par le fédéral sur les produits dérivés», a commenté le ministre Barrette.

Quelques ministres ont exprimé de l'inquiétude face à ce projet puisque des études laissent entendre que le cannabis pourrait avoir un impact sur le développement du cerveau des adolescents et que la légalisation de la substance pourrait entraîner une hausse de sa consommation chez les jeunes.