POLITIQUE

Le ministre Gaétan Barrette revient à la charge sur le financement de la santé

Il veut un plus grand transfert fédéral en raison de la légalisation prochaine de la marijuana et la crise des opioïdes.

20/10/2017 08:24 EDT | Actualisé 20/10/2017 08:25 EDT
La Presse canadienne/Mario Beauregard

Le financement fédéral de la santé déjà insuffisant ne permettra pas de couvrir les coûts engendrés par la légalisation de la marijuana et la crise des opioïdes, prévient le ministre Gaétan Barrette.

Les ministres de la Santé des provinces sont réunis depuis jeudi à Edmonton. Ils rencontreront pour la première fois vendredi la nouvelle ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas-Taylor.

«C'est pas parce qu'on nous a imposé une entente que tous les problèmes sont réglés», a affirmé M. Barrette en entrevue.

Le Québec avait signé à contrecoeur en mars une nouvelle entente pour le financement des soins de santé qui diminuait le taux de croissance annuel du transfert fédéral de 6 pour cent à 3 pour cent. Elle comprend toutefois une enveloppe forfaitaire de 2,53 milliards $ étalés sur dix ans pour les soins à domicile et de santé mentale.

«Les enjeux qui existaient il y a un an existent toujours et il n'y a pas une décroissance des enjeux, au contraire, a-t-il signalé. Il y a une croissance des enjeux et la meilleure démonstration est l'apparition de la crise des opiacés et de la légalisation de la marijuana.»

Gaétan Barrette s'attend à une augmentation des coûts en santé publique liés à la consommation du cannabis bien que ceux-ci n'aient pas encore été chiffrés.

«Il y en aura, ne serait-ce que par les campagnes de prévention, les complications que l'on va voir, les épisodes de santé mentale aggravés que cela va générer, a-t-il énuméré. Faudrait vraiment être aveugle pour penser qu'il n'y aura pas de coûts additionnels au système de santé.»

Ottawa a déjà proposé aux provinces de partager équitabement les revenus d'une taxe d'accise qui serait imposée sur les ventes de marijuana. Cette taxe serait fixée à 1 $ pour un montant inférieur à 10 $ le gramme et de 10 pour cent pour un montant dépassant les 10 $.

«Le fédéral prend une décision qui génère des coûts et ce sont les provinces qui ont à assumer ces coûts-là et tous les inconvénients, a rappelé M. Barrette. Alors, il me semble que le financement devrait s'en aller presque complètement vers les provinces.»

La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petipas Taylor, doit présenter une mise à jour, vendredi, du projet de légalisation du cannabis d'ici le 1er juillet 2018.

Ce sujet devrait monopoliser les discussions entre les ministres au cours de la deuxième journée du sommet.

Le gouvernement fédéral renforce son code criminel et prend en charge les principales préoccupations en matière de santé, comme l'emballage, les mises en garde et la force du cannabis destiné à la consommation alimentaire.

Les provinces auront la responsabilité de superviser la vente du cannabis, ainsi que de fixer l'âge de consommation minimal tant que celui-ci est au-dessus de 18 ans.

Plusieurs détracteurs ont dit croire que l'échéancier d'Ottawa est trop ambitieux.

En juillet dernier, les premiers ministres des provinces et les dirigeants des territoires ont prévenu qu'ils demanderaient de repousser l'entrée en vigueur si Ottawa ne les aidait pas à résoudre les problèmes de distribution, de sécurité, de taxation, de justice et de prévention.