POLITIQUE

Crucifix au parlement: le débat reprend mardi à l'Assemblée nationale

C'est Gabriel Nadeau-Dubois qui a relancé le débat en déposant une motion, jeudi, au lendemain de l'adoption de la loi 62.

20/10/2017 16:47 EDT | Actualisé 20/10/2017 16:47 EDT
Francis Vachon/PC

Le Christ en croix qui surveille depuis 1936 les travaux des élus de l'Assemblée nationale continue de semer la controverse.

Le débat autour de sa présence dans cette enceinte supposément neutre sur le plan religieux revient périodiquement hanter les parlementaires.

Les pour et les contre pourront une fois de plus se faire valoir à compter de mardi, quand le débat reprendra de plus belle, alors que les élus s'interrogeront pour la xième fois à savoir s'il faut maintenir en place ou décrocher le crucifix suspendu derrière le trône du président au Salon bleu.

C'est le député solidaire de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, qui a relancé le débat en déposant une motion, jeudi, au lendemain de l'adoption de la loi 62, qui proclame la neutralité religieuse de l'État québécois.

Il en fait une question de cohérence.

La requête vise à demander au Bureau de l'Assemblée nationale (BAN), sorte de conseil d'administration regroupant des élus des différents groupes parlementaires, de se pencher sur la question de la pertinence du crucifix au Salon bleu, surtout dans le contexte nouveau créé par la loi 62.

Jeudi, les libéraux, conscients de l'aspect controversé du dossier, ont refusé de se prononcer sur la motion, préférant gagner du temps et prendre position mardi prochain, après en avoir discuté en caucus.

S'ils refusent d'endosser la motion, les libéraux vont se retrouver isolés sur cette question, car les péquistes, qui forment l'opposition officielle, et les caquistes, ont appuyé la motion solidaire.

Avant d'être élu premier ministre, en 2014, le chef libéral Philippe Couillard s'était prononcé publiquement pour le maintien du crucifix à l'Assemblée nationale. Dernièrement, il a appuyé le maintien du crucifix à l'Hôpital du Saint-Sacrement à Québec, qui faisait l'objet d'une polémique.

Le crucifix de la controverse avait été accroché derrière le trône du président de l'Assemblée nationale, en 1936, par le premier ministre Maurice Duplessis, qui souhaitait par ce geste fort sceller l'alliance entre l'Église catholique et l'État québécois.

Si le gouvernement Couillard fait preuve de cohérence, il ne peut aujourd'hui proclamer la neutralité religieuse de l'État et maintenir en place ce symbole du passé, soutient Gabriel Nadeau-Dubois.

«La moindre des choses, c'est d'être cohérent et de faire en sorte que l'Assemblée nationale, lieu par excellence de la démocratie québécoise, soit laïque», a commenté le député en entrevue téléphonique vendredi.

«En 2017, on s'attend à ce que ce lieu-là montre l'exemple», selon le député qui rappelle que «les symboles en politique, c'est important».

Il souhaite que l'éventuelle intervention du BAN dans ce dossier soit décisionnelle et qu'elle intervienne le plus rapidement possible.

«Il y a un moment à saisir pour les parlementaires», selon lui.

Par respect pour son caractère patrimonial, on propose de déplacer l'objet religieux dans une autre salle, un lieu neutre, moins chargé sur le plan politique.

Il pourrait être remplacé par autre chose, une fleur de lys ou une œuvre d'art, par exemple, selon le député, qui suggère de «faire preuve d'originalité» pour trouver un objet représentant bien le Québec d'aujourd'hui à installer derrière le président.