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L'Espagne menace de révoquer certains pouvoirs de la Catalogne

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a prévenu que si la Catalogne déclarait son indépendance de l'Espagne, «personne dans l'Union européenne» ne reconnaîtrait le territoire comme un État souverain.

19/10/2017 18:07 EDT | Actualisé 19/10/2017 18:10 EDT
AP Photo/Santi Palacios
Des manifestants protestant dans les rues de Barcelone contre la séparation de la Catalogne de l'Espagne.

Le gouvernement espagnol a immédiatement rejeté, jeudi, la menace des autorités de la Catalogne de proclamer l'indépendance si aucune négociation n'est organisée, convoquant plutôt une rencontre spéciale du cabinet en fin de semaine afin d'enclencher la révocation de certains pouvoirs de la région semi-autonome du nord-est de l'Espagne.

Le président catalan Carles Puigdemont a lancé cet avertissement dans une lettre transmise au premier ministre espagnol Mariano Rajoy quelques minutes seulement avant la fin de la période qui lui avait été accordée pour faire marche arrière sur l'indépendance.

M. Puigdemont écrit que le «Parlement de la Catalogne (...) pourrait procéder à un vote pour déclarer formellement son indépendance (...) si le gouvernement central continue à faire entrave au dialogue et poursuit sa répression».

Le gouvernement espagnol a rapidement répliqué en annonçant une rencontre spéciale du cabinet samedi, pendant laquelle sera activé l'article 155 de la Constitution de 1978. Cet article permet aux autorités centrales de prendre le contrôle de certains pouvoirs de n'importe laquelle des 17 régions du pays.

Le cabinet «approuvera les mesures qui seront transmises au Sénat afin de protéger l'intérêt général de tous les Espagnols», explique le communiqué gouvernemental. Le Parti populaire au pouvoir détient au sein de la chambre haute une majorité suffisante pour garantir l'approbation de la mesure.

Le gouvernement rencontrait jeudi des membres de l'opposition socialiste afin de déterminer quelles mesures, exactement, seront prises en vertu de l'article 155.

Sommet de l'Union européenne

Le cas de la Catalogne ne devait pas être officiellement discuté au sommet de l'Union européenne qui s'amorçait jeudi à Bruxelles, mais des dirigeants ont exprimé leur opinion sur la situation. Le président français, Emmanuel Macron, a réitéré son appui à M. Rajoy, disant que le sommet serait marqué par un message d'unité entre États membres relativement aux crises auxquelles ils peuvent faire face.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a écarté tout rôle de l'UE dans le conflit, affirmant aux journalistes en marge du sommet qu'il n'y avait pas d'«espace» pour toutes formes de médiation, d'initiatives ou d'actions internationales.

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a prévenu que si la Catalogne déclarait son indépendance de l'Espagne, «personne dans l'Union européenne» ne reconnaîtrait le territoire comme un État souverain.

M. Tajani a aussi dit ne pas avoir l'intention de s'entretenir avec le président catalan. Il a parlé d'une «question espagnole interne», et a dit considérer le gouvernement espagnol comme un représentant «légitime» dans cette affaire.

Bien que les sondages indiquent que les 7,5 millions de résidants de la Catalogne sont très divisés sur l'indépendance, une majorité accablante souhaite régler la question par un référendum juridiquement contraignant.

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