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Bombardier Transport impassible face aux nombreux défis qui l'attendent

Incluant la menace de perdre des contrats de voitures de tramway

19/10/2017 20:46 EDT | Actualisé 19/10/2017 20:46 EDT
Le président de la division Laurent Troger

Aucun des défis majeurs auxquels fait face la division ferroviaire de Bombardier — incluant la menace de perdre des contrats de voitures de tramway, une enquête pour corruption et un nouveau rival géant en Europe — ne fera dérailler son plan pour devenir un joueur mondial plus fort et plus rentable, a déclaré jeudi le président de la division Laurent Troger en entrevue à La Presse canadienne.

Laurent Troger dit être convaincu d'avoir tous les atouts en main pour que l'entreprise demeure à l'avant-garde de l'industrie.

Le président de Bombardier Transport était de passage à Ottawa pour rencontrer les autorités fédérales, dont le ministre des Transports Marc Garneau.

Plus tôt cette semaine, M. Troger a discuté avec certains membres du conseil d'administration de la Commission de transport de Toronto. L'organisme a déposé une poursuite contre Bombardier et menace, tout comme l'agence de transport de l'Ontario Metrolinx, de changer de fournisseur pour leurs futurs projets en raison de retards de livraison.

M. Troger assure que l'entreprise va trouver une solution à ces problèmes et qu'il s'agit simplement «d'une question de temps».

Il dit ne pas interpréter la réaction des autorités publiques de transport en Ontario comme de la colère, mais plutôt comme «beaucoup d'impatience».

Le président de Bombardier Transport maintient que les 204 voitures de tramway seront livrées à temps pour la date butoir du contrat original, soit 2019. Les véhicules légers commandés par Metrolinx devraient aussi être livrés à temps, d'après le haut gestionnaire. Malgré tout, le nouveau président de Metrolinx, Phil Verster, attend toujours une mise à jour sur un plan de redressement.

Enquête pour corruption

M. Troger semble tout aussi imperturbable face à l'enquête pour corruption qui vise des sociétés-écrans utilisées dans le cadre d'un contrat de 340 millions $ US d'équipement vendu en Azerbaïdjan.

Le président de la division Transport ne s'attend pas à ce que des accusations criminelles soient portées contre Bombardier (TSX:BBD.B) après l'acquittement d'un employé suédois de l'entreprise qui était accusé de corruption.

«Le verdict a été rendu et, pour nous, c'est terminé», a résumé M. Troger malgré la possibilité que la décision soit portée en appel.

Il ajoute qu'il ne croit pas non plus qu'une vérification de la Banque mondiale pourrait mener au bannissement de l'entreprise de tout contrat dans lequel elle est impliquée.

Laurent Troger et plusieurs dirigeants ont été enregistrés alors qu'ils discutaient de la tempête médiatique autour des pratiques de Bombardier et de sa culture d'entreprise.

Il refuse de commenter l'enregistrement ou de confirmer s'il a été interrogé par la police, mais il défend les pratiques de l'entreprise.

«Bombardier a instauré un niveau d'éthique des affaires très élevé dans l'entreprise et je m'assure que cela demeure le cas chaque jour», a-t-il commenté.

Pas de fusion avec Siemens-Alstom

Le patron de la division ferroviaire de Bombardier affirme que son entreprise ne ressent aucune pression pour se joindre à Siemens-Alstom et former un géant européen du transport.

Laurent Troger estime que sa filiale, établie à Berlin, a une taille et une portée qui lui permettent de faire cavalier seul pour concurrencer son rival germano-français et le géant chinois CRRC.

Le ministre français des Finances a déjà déclaré qu'il ne croyait pas que la fusion entre Siemens et Alstom s'arrêterait là, et que Bombardier et d'autres joueurs s'y joindraient éventuellement.

M. Troger assure qu'une telle opération n'est pas dans les cartes de Bombardier pour l'instant, ajoutant que le fait d'avoir un concurrent de moins sur le marché mondial ne modifie pas de façon importante le paysage d'ensemble.

Lorsque la Caisse de dépôt et placement du Québec a conclu une entente, il y a deux ans, pour obtenir une participation de 30 pour cent dans Bombardier Transport pour 1,5 milliard $, les partenaires étaient prêts à s'impliquer dans une éventuelle consolidation du secteur ferroviaire.

M. Troger n'a pas voulu confirmer certaines informations rapportées dans les médias selon lesquelles Bombardier n'aurait pas réussi à s'entendre avec Siemens avant de voir ses deux concurrents européens annoncer leur regroupement, il y a deux semaines.

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