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Aide aux élèves: le ministre loin du compte, disent les syndicats

On serait loin du compte, selon les syndicats qui représentent les enseignants et professionnels de l'éducation.

19/10/2017 16:37 EDT | Actualisé 19/10/2017 16:47 EDT
Getty Images/iStockphoto

Les fonds annoncés par Québec pour embaucher 1500 ressources supplémentaires pour venir en aide aux élèves qui ont des difficultés d'apprentissage ont bel et bien été livrés, assure le ministère de l'Éducation, mais les syndicats qui représentent les enseignants et les professionnels soutiennent le contraire.

Un tour d'horizon de quelques commissions scolaires du Québec, effectué par La Presse canadienne au cours des derniers jours, a permis de constater qu'elles ont bel et bien pu embaucher plusieurs professionnels et techniciens pour venir en aide à ces élèves (voir chiffres à la fin du texte).

Mais on serait loin du compte, selon les syndicats qui les représentent.

«On ne trouve pas»

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente la presque totalité des professionnels de l'éducation — de 7000 à 8000 — ainsi que 65 000 enseignants du primaire et du secondaire et 27 000 employés de soutien, assure que ce qu'elle voit sur le terrain ne correspond pas aux chiffres annoncés.

«À partir d'un tour de piste qu'on a fait dans nos trois fédérations, ça ressemble plus à du saupoudrage de ressources qu'à de réels ajouts de postes», a rapporté la présidente de la CSQ, Louise Chabot, au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne.

«À l'heure où on se parle, on cherche, mais on ne trouve pas les 1500 nouveaux postes annoncés. De vrais nouveaux postes, on en dénombre très peu. C'est plutôt parfois des ajouts d'heures pour des postes qui étaient déjà à temps partiel, souvent. Les postes à 35 heures sont rares. On n'est pas à l'heure de répondre encore aux besoins, qui sont criants», a opiné Mme Chabot.

À la Fédération autonome de l'enseignement, qui représente 34 000 enseignants du primaire et du secondaire, le président Sylvain Mallette estime que la cible de 1500 ressources est atteinte à «70 ou 75 pour cent».

«Malheureusement, selon les chiffres dont on dispose, la cible n'est pas atteinte. Et les élèves ont besoin de services de qualité, immédiatement, pas dans deux mois, pas dans quatre mois. Il nous a promis 1500 ressources; elles sont où les 1500 ressources?», s'est exclamé M. Mallette, au cours d'une entrevue.

«Ces ressources-là sont insuffisantes, dans la mesure où, au terme de l'exercice, au terme des cinq ans, où on nous promet 7500 nouvelles ressources, on n'en sera même pas aux ressources que comptait le réseau il y a 10 ans, avant les compressions dans le système. Donc, même au bout de l'exercice, on sera quand même déficitaire», a critiqué M. Mallette.

Fait, dit le ministre

Le cabinet du ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a précisé que lors de la rentrée scolaire, les commissions scolaires avaient procédé à l'embauche de l'équivalent de 1220 employés à temps complet (ETC).

Et «elles étaient également en processus pour embaucher 382 ETC supplémentaires», a-t-il fait savoir.

«Cela portera donc (le total) à 1602 ETC supplémentaires pour l'année scolaire 2017-2018 seulement — ce qui dépasse l'objectif fixé», a-t-il fait savoir.

Montréal

La Commission scolaire de Montréal indique que les nouveaux fonds alloués ont permis l'embauche de 108,68 ressources ETC, à raison de 27,8 enseignants en orthopédagogie, 35,2 professionnels et 45,68 membres du personnel de soutien.

Or, la CSDM, la plus grosse commission scolaire du Québec, représente 10 pour cent de l'ensemble des élèves, a-t-on indiqué à la Fédération des commissions scolaires.

Parmi les 35,2 professionnels, la CSDM a embauché 16,7 psychoéducateurs et 14,9 orthophonistes.

Chez les 45,68 employés de soutien, on compte surtout des techniciens en éducation spécialisée, soit 38,55 ETC.

Québec

À la Commission scolaire de la Capitale, à Québec, on explique que les sommes reçues ont été utilisées pour ajouter des heures au personnel qui vient en aide aux élèves.

«Si l'on additionne les tâches données à ces corps d'emploi et que nous comparons à l'année dernière, nous avons davantage d'équivalents temps plein pour chacun de ces corps d'emploi, mais ce ne sont pas nécessairement de nouveaux postes», a précisé Marie-Élaine Dion, conseillère aux communications.

Pour sa commission scolaire, la somme de 2,4 millions $ a permis l'embauche de l'équivalent de plus de 22 professionnels et de 10,6 membres du personnel comme des techniciens en éducation spécialisée.

Saguenay

À la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, qui compte 11 000 élèves, la directrice adjointe aux services éducatifs, Catherine Gagné, rapporte l'embauche de quatre professionnels à temps complet — deux orthophonistes, une psychoéducatrice et une orthopédagogue.

S'ajoutent à ces professionnels 14 postes à temps complet de techniciens en éducation spécialisée et 11 postes d'enseignants en orthopédagogie.

«On est très content. On ne peut pas dire que ça comble en entier, car des besoins, on en a tellement. Mais je vous dirais que ça répond à une bonne partie. Ça a amélioré quand même la qualité de nos services», a commenté Mme Gagné, en entrevue.

Outaouais

La Commission scolaire Portages-de-l'Outaouais a précisé qu'en date du mois d'août dernier, les différentes mesures pour venir en aide aux élèves en difficulté avaient permis d'embaucher l'équivalent de 16,7 enseignants et 9,3 membres du personnel de soutien, comme des techniciens en éducation spécialisée.