POLITIQUE

Un gouvernement de la CAQ abolirait la loi sur la neutralité religieuse

S'il est porté au pouvoir, le parti compte adopter une Charte de la laïcité... sans accommodements religieux.

18/10/2017 13:37 EDT | Actualisé 18/10/2017 16:13 EDT
LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – Un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) abolirait la loi sur la neutralité religieuse pour la remplacer par une « vraie » Charte de la laïcité.

Nathalie Roy, la porte-parole de la deuxième opposition en matière de laïcité, en a fait l'annonce quelques heures après l'adoption du projet de loi 62.

Si la CAQ est portée au pouvoir, elle compte interdire le port de signes religieux pour les employés de l'État en position d'autorité coercitive – comme les juges, les policiers – et les enseignants de l'école primaire et secondaire.

Les fonctionnaires de l'État, pour leur part, ne pourraient pas porter ce qu'elle qualifie d'« accessoires de soumission », comme la burqa, le niqab et le tchador. Elle précise qu'il n'y aura aucun accommodement religieux pour les vêtements qui cachent le visage.

Tous les partis d'opposition ont voté contre la loi sur la neutralité religieuse, telle que proposée par le gouvernement Couillard, parce qu'elle n'inclut pas le principe de laïcité.

De l'avis de Mme Roy, les libéraux viennent de « s'enfarger dans le voile intégral, et pas à peu près ». Elle prévoit déjà que la nouvelle législation n'aura pas une durée de vie très longue en raison de ses nombreuses incohérences.

« Avec sa pseudo neutralité religieuse, il y a une fonctionnaire qui a maintenant le droit de travailler en niqab avec ses collègues. Mais, le soir, quand elle va rentrer à la maison, elle devra enlever ce même niqab pour rentrer dans l'autobus », a imagé Mme Roy.

« Alors, c'est à n'y rien comprendre, c'est un fouillis total. »

Mme Roy s'est défendue de vouloir marcher dans les pas du Parti québécois, qui a perdu ses dernières élections notamment à cause de sa Charte des valeurs québécoises.

Elle dit que la Charte présentée par l'ex-ministre Bernard Drainville était « beaucoup trop large, allait dans toutes les directions, n'était pas applicable » en raison des « signes ostentatoires » et « non ostentatoires ».

« M. Drainville, il a étiré, étiré, étiré l'élastique jusqu'à ce que ça lui pète au visage, puis c'est ce qui est arrivé », résume-t-elle.

Elle soutient que la CAQ ne légiférera pas sur la vie privée des gens, mais bien sur l'État québécois.

Hijab, burqa, niqab ou tchador?