POLITIQUE

#MoiAussi: une jeune élue raconte un épisode de harcèlement

Son patron de l'époque aurait menacé de retenir son chèque de paie à moins qu'elle ne «s'occupe» de lui.

18/10/2017 15:12 EDT | Actualisé 18/10/2017 15:17 EDT
Équipe Denis Coderre

Aujourd'hui jeune élue municipale, hier jeune victime de harcèlement. Marie-Eve Brunet a dévoilé mercredi avoir été victime de harcèlement sexuel de la part d'un patron qui refusait de la payer.

Mme Brunet, conseillère d'arrondissement dans le district Champlain, dans l'arrondissement montréalais de Verdun, a choisi de raconter son histoire dans un long message sur Facebook. Lorsqu'elle avait 19 ans, son patron de l'époque aurait menacé de retenir son chèque de paie à moins qu'elle ne «s'occupe» de lui.

«Je me souviens de cette main sur la cuisse. J'ai refusé net. Il a insisté. Il m'a raconté ce qui était arrivé à la dernière ''petite'' qui l'avait refusé. Il m'a parlé de sa femme. De sa fille qui avait presque mon âge, mais que "ce n'était pas pareil, car j'étais son employé, pas son enfant''», raconte l'élue.

Mme Brunet a fini par porter plainte au grand patron de l'entreprise. Celui-ci aurait préféré la payer pour qu'elle démissionne plutôt que de se départir du supérieur fautif.

«On m'a laissé comprendre que ce n'était pas la 1ere fois qu'il agissait ainsi, mais le grand patron a tout de même préféré me voir quitter l'entreprise et garder son vieil ami», ajoute-t-elle.

Ces allégations n'ont pas pu être vérifiées par le HuffPost Québec.

De nombreuses femmes ont pris d'assaut les réseaux sociaux avec le mot-clic #MoiAussi ou #MeToo depuis quelques jours, en grande partie en réponse à l'affaire Harvey Weinstein. Ce producteur hollywoodien fait face à de nombreuses allégations de harcèlement sexuel, d'attouchements et de viols.

Au Québec, Éric Salvail a dû faire face à ses propres allégations de harcèlement mercredi matin.

Mme Brunet se présente à nouveau aux élections du 5 novembre, cette fois comme conseillère de ville dans le district Desmarchais-Crawford. Elle dit avoir hésité à publier son statut pour ne pas «politiser» le mouvement, mais elle dit vouloir «sensibiliser la société à la triste réalité du harcèlement et des agressions sexuelles».

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