POLITIQUE

Front commun pour défaire Denis Coderre

Jean Fortier retire sa candidature et appuie Valérie Plante pour la mairie de Montréal.

18/10/2017 14:50 EDT | Actualisé 18/10/2017 14:50 EDT
Olivier Robichaud

Coalition Montréal et Projet Montréal ont signé une entente pour défaire le maire Denis Coderre aux élections du 5 novembre et faire front commun pour réduire la partisanerie à l'hôtel de ville. Ils demeurent toutefois adversaires pour les postes de maire d'arrondissement et de conseiller.

Comme nous le rapportions mardi, le candidat à la mairie de Coalition Montréal, Jean Fortier, cède sa place et appuie Valérie Plante, chef de Projet Montréal.

En point de presse mercredi matin, l'ex-président du comité exécutif sous Pierre Bourque a justifié sa décision parce qu'il estime devoir contrer l'ego de M. Coderre.

«Je pense qu'un enjeu de cette campagne c'est le caractère. C'est l'intégrité. Et c'est aussi malheureusement ou heureusement les ego. Dans le cas de Valérie, j'ai constaté que c'est une personne qui peut passer au-dessus de son ego pour vraiment s'entourer des meilleures personnes et les faire performer davantage pour que la ville soit encore meilleure», explique M. Fortier.

L'intérêt de M. Fortier pour la mairie a été mis en doute par ses propres propos dès les premiers jours de la campagne. Entre autres, il a affirmé au HuffPost Québec que «l'important n'est pas de savoir qui va gagner l'élection».

Adversaires dans les arrondissements

M. Fortier suspend sa campagne, mais son nom restera sur les bulletins de vote. Il espère faire son entrée au conseil municipal en faisant élire son colistier John Symon dans le district Peter-McGill. Le système de colistiers permet aux candidats défaits à la mairie de devenir conseillers municipaux, pourvu que le colistier en question soit élu.

Aucun autre candidat ne cédera sa place et les partis entendent faire campagne l'un contre l'autre dans les 19 arrondissements et les 58 districts électoraux.

Trois groupes de travail

L'entente entre Coalition Montréal et Projet Montréal prévoit que les deux formations travailleront ensemble pour augmenter le rôle des petits partis au conseil municipal. Elle prévoit aussi la mise sur pied de trois groupes de travail: un sur le transport collectif, un sur la réduction du fardeau des contribuables, et un troisième pour améliorer les relations entre la ville-centre et les arrondissements.

Rappelons que les deux partis ont promis de nouvelles lignes de métro. Au début du mois, M. Fortier a promis une «ligne du savoir» qui relierait les principales institutions universitaires de la ville en passant par le mont Royal. Une semaine plus tard, Projet Montréal dévoilait les détails de son projet de «ligne rose».

M. Fortier a laissé entendre que Mme Plante pourrait évaluer et adopter certains éléments du programme de Coalition Montréal. La chef de l'opposition a toutefois fermé la porte à cette idée, affirmant que les programmes des deux partis ne changeraient pas.

Le chef de Coalition Montréal, Marvin Rotrand, a déjà qualifié Projet Montréal d'être «l'extrême gauche». Lors de la conférence de presse, il a affirmé que ses critiques à l'égard du parti de Mme Plante restent d'actualité, mais qu'il y avait une entente sur «la collaboration à venir au conseil municipal».

Mitch Garber appuie Coderre

M. Coderre n'a pas souhaité commenter la décision de M. Fortier mercredi.

La veille, c'est le maire sortant qui recueillait un appui de taille. L'entrepreneur et ex-dragon Mitch Garber a dit qu'il aimerait voter pour M. Coderre s'il habitait à Montréal, selon ce que rapportent divers médias.

«Si je regarde le maire de Montréal comme PDG de notre ville, si je regarde les actions de Montréal comme les actions d'une compagnie, je dirais que les actions transigent aujourd'hui à une valeur beaucoup plus élevée que leur valeur [d']il y a quatre ans», a-t-il dit lors d'un dîner organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

M. Garber, qui habite à Westmount, a d'ailleurs plaidé pour que l'ensemble des résidents de l'île de Montréal puissent voter pour le maire de la métropole.