POLITIQUE

Des libéraux fédéraux désapprouvent le projet de loi sur la neutralité religieuse

Le projet de loi du gouvernement Couillard a été adopté à 66 contre 51, mercredi, grâce à la majorité libérale.

18/10/2017 13:17 EDT | Actualisé 18/10/2017 14:14 EDT
The Canadian Press Images

Plusieurs élus libéraux à Ottawa ont manifesté leur désapprobation face au projet de loi sur la neutralité religieuse adopté mercredi à l'Assemblée nationale.

La députée québécoise Alexandra Mendès est allée jusqu'à dire qu'Ottawa devra s'en mêler, car elle "doute fort" que la mesure soit conforme à la Charte canadienne des droits et libertés.

"C'est imposer à des femmes une façon de s'habiller ou de ne pas s'habiller, et je trouve que c'est contre leurs droits", a-t-elle offert à sa sortie de la réunion du caucus libéral.

Il est donc "sûr que si c'est des questions de Charte, là, éventuellement, le gouvernement fédéral va devoir s'en mêler", a poursuivi l'élue de Brossard_Saint-Lambert.

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, a aussi signalé son désaccord par rapport au projet de loi adopté mercredi.

"Écoutez, moi, en tant qu'élue québécoise, en tant que Québécoise, et je vous dirais en tant que féministe aussi, jamais je ne vais dire à une femme comment s'habiller", a-t-elle offert.

Mais elle a insisté sur le fait que le gouvernement de Justin Trudeau ne devrait pas s'immiscer dans les affaires de l'Assemblée nationale.

"On est un gouvernement qui travaille avec la Charte des droits et libertés, mais on n'ira pas dire au gouvernement du Québec comment faire son travail", a dit Mme Lebouthillier.

Son collègue Marc Miller, qui représente une circonscription du centre-ville de Montréal, a abondé dans le même sens.

"Je respecte entièrement le droit du gouvernement du Québec de légiférer dans son domaine de compétence", a-t-il dit en sortant de la réunion hebdomadaire du caucus.

"Évidemment, c'est sans vous cacher qu'on est un parti qui (promeut) la Charte et son application", a ajouté M. Miller.

Il a toutefois signalé que certains de ses commettants lui ont fait part de leurs inquiétudes face à la mesure prévoyant que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert.

"Ce sont des personnes (...) qui se voient visées de par leur confession musulmane, et comme député du centre-ville, ça me préoccupe assez vivement", a-t-il souligné.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s'est quant à lui dit convaincu que la loi sur la neutralité religieuse serait contestée devant les tribunaux.

Mais il est lui aussi d'avis que le fédéral ne devrait pas intervenir dans le processus.

"Il y a des juridictions qui existent. C'est une question de loi constitutionnelle, a-t-il tranché en point de presse dans le foyer de la Chambre. On doit respecter les juridictions. C'est simple."

VOIR AUSSI: