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Controverse après l'appel "insensible" de Trump à la veuve d'un soldat

«Il ne se souvenait même plus de son nom», déplore la veuve.

18/10/2017 14:07 EDT | Actualisé 18/10/2017 14:07 EDT
PA Wire/PA Images

Le président américain Donald Trump était empêtré mercredi dans une nouvelle polémique, niant avoir dit à la veuve d'un soldat mort au combat que son époux "savait ce pour quoi il s'engageait", comme le rapporte une élue démocrate.

Le locataire de la Maison Blanche a déjà fait l'objet de vives critiques pour ne pas avoir appelé plus tôt les proches de ces quatre Américains tombés le 4 octobre dans une embuscade d'un groupe jihadiste au Niger.

Le sergent, La David T. Johnson, âgé de 25 ans, faisait partie de cette patrouille. Sa dépouille est arrivée mardi à l'aéroport de Miami, en Floride. Alors qu'elle était en route pour accueillir son cercueil, son épouse, Myeshia Johnson, enceinte de leur troisième enfant, a reçu un appel de Donald Trump dans la voiture, selon Frederica Wilson, élue démocrate de Floride à la Chambre des représentants.

"Je n'ai pas entendu toute la conversation téléphonique mais je l'ai entendu dire «je suis sûr qu'il savait ce pour quoi il s'engageait, mais ça reste douloureux»", a affirmé la parlementaire sur CNN.

"Cet homme est malade. Il a un coeur de pierre et ne ressent de pitié ou de sympathie pour personne. C'est une veuve en deuil", s'est-elle indignée sur la chaîne.

"L'élue démocrate a complétement inventé ce que j'ai dit à l'épouse d'un soldat mort au combat (et j'ai la preuve). Triste!", a dit Donald Trump au petit matin sur Twitter.

Une accusation démentie par Frederica Wilson sur CNN: "Je ne sais pas de quel type de preuve il parle. Je n'étais pas la seule dans la voiture, et j'ai des preuves aussi".

La mère du sergent, Cowanda Jones-Johnson, a confirmé qu'elle et ses proches se trouvaient également dans la voiture, dans un court entretien au Washington Post: "Le président Trump a bien manqué de respect à mon fils et ma fille, ainsi qu'à moi et mon mari", a-t-elle dénoncé.

"Très bonne conversation"

L'appel, d'abord rapporté mardi soir par la presse locale, agitait les grandes chaînes américaines mercredi, l'élue donnant plusieurs interviews où elle martelait que la veuve avait surtout été attristée que le président ne sache pas le nom de son époux.

"Et ce n'est pas le pire. Elle pleurait tout le temps et quand elle a raccroché, elle m'a regardé et a dit: «il ne se souvenait même plus de son nom». C'est ça qui a vraiment fait mal", a ajouté Frederica Wilson sur MSNBC, dénonçant des propos "insensibles".

Interrogé plus tard à la Maison Blanche, le président a de nouveau démenti. "Je n'ai pas dit ce qu'elle a dit", a-t-il martelé. "J'ai eu une très bonne conversation".

Sans préciser de quelle preuve il parlait dans son tweet, il s'est contenté de dire aux journalistes: "Laissez-la encore faire cette déclaration et vous le découvrirez".

"Je leur ai écrit (aux familles, ndlr) des lettres personnelles", avait expliqué le président lundi, plus de 10 jours après l'attaque qui a coûté la vie à La David T. Johnson, précisant qu'il les appellerait "à un moment donné".

Puis il s'était attiré dans la foulée une avalanche de reproches en affirmant, à tort, que son prédécesseur Barack Obama et d'autres anciens dirigeants américains n'avaient pas non plus appelé les familles des soldats tombés au combat comme le veut la tradition.

"Arrêtez ce fichu mensonge, vous êtes le président", s'était indigné dans un tweet l'ancien ministre de la Justice de Barack Obama, Eric Holder.